Tata Motors et Iveco Group, une nouvelle force industrielle mondiale
Réunis ce 3 novembre à Turin devant la presse internationale, Olof Persson, directeur général d’Iveco Group N.V., Natarajan Chandrasekaran, président de Tata Sons et des conseils d’administration de Tata Motors Limited et d’Iveco Group N.V., ainsi que Girish Wagh, Managing Director & CEO de Tata Motors Limited, ont présenté les premières orientations du rapprochement des deux entités. Le groupe constitué annonce 27 sites de production, 25 centres de R&D et plus de 9 300 points de vente et de service. Pour les clients, contrats, garanties et engagements après-vente se poursuivent avec les mêmes équipes ; les premières pistes industrielles portent, entre autres sujets, sur la localisation de produits Iveco en Inde et l’étude de plateformes Tata Motors pour d’autres marchés.

Une prise de contrôle effective
TML CV Holdings B.V., filiale de Tata Motors, détient 238 157 212 actions ordinaires d’Iveco Group, soit 89,42 % du capital hors actions propres. Le règlement initial de l’offre publique, au prix de 14,40 euros par action, a été achevé le 30 octobre. L’offre a été rouverte du 2 au 6 novembre ; le règlement des titres apportés durant cette période est prévu le 13 novembre.
Le conseil d’administration d’Iveco Group compte désormais six membres. N. Chandrasekaran en assure la présidence non exécutive. Olof Persson reste directeur général. P. B. Balaji et Girish Wagh y siègent comme administrateurs non exécutifs, aux côtés des administrateurs indépendants Guenter Butschek et Charles Nichols. Les actions à droit de vote spécial ont été rachetées et les documents de gouvernance modifiés.
Cette prise de contrôle ouvre une phase de coopération entre deux entreprises aux implantations différentes. « Il ne faut pas voir cette opération comme un effort de consolidation. Elle concerne l’avenir », a déclaré N. Chandrasekaran. Il a relié cette ambition aux investissements de long terme et à la circulation des compétences entre les équipes.
Un groupe de plus de 73 000 salariés
Tata Motors et Iveco Group annoncent plus de 73 000 salariés répartis sur six continents, une présence dans plus de 130 pays, environ 590 000 véhicules vendus par an et un chiffre d’affaires combiné proche de 21 milliards d’euros. Leur empreinte comprend 27 sites de production, 25 centres de recherche et développement et quelque 9 300 points de vente et de service. Selon les entreprises, le nouvel ensemble se classe au quatrième rang mondial des constructeurs de véhicules commerciaux.
Iveco Group seul comptait, selon les données publiées lors du règlement de l’offre, 33 000 salariés, 16 sites industriels et 22 centres de R&D. Tata Motors apporte son ancrage en Inde et ses positions en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Iveco Group est implanté en Europe et en Amérique latine. La complémentarité de ces zones peut élargir l’accès aux marchés et aux réseaux de distribution. Elle ne précise pas, à elle seule, quels produits seront proposés dans chaque région.
Les activités rassemblées couvrent les camions IVECO, les autobus IVECO BUS et Heuliez, les groupes motopropulseurs de FPT et le financement d’Iveco Capital. Les gammes vont, chez Tata Motors, des véhicules de moins d’une tonne aux véhicules de 55 tonnes, et des solutions de transport de 10 à 51 places. Iveco Group apporte une offre de véhicules légers, moyens et lourds, que nous connaissons bien, ainsi que des autobus urbains et des autocars interurbains. FPT intervient aussi dans les applications agricoles, de construction, maritimes et de production d’énergie.
Les coopérations restent à traduire en produits
Certains produits Iveco pourraient être localisés en Inde, d’abord sous forme de véhicules livrés partiellement montés (SKD), puis achevés sur place. Des produits ou plateformes Tata Motors pourraient aussi être étudiés pour d’autres marchés. Les composants et les batteries figurent parmi les pistes abordées.
Les dirigeants ont également cité le partage d’architectures de véhicules, de composants et de plateformes. Olof Persson a mentionné une stratégie de plateformes de nouvelle génération pour les autobus. Les domaines de coopération couvriraient le diesel, le gaz, l’électrique à batterie et l’hydrogène, ainsi que les logiciels et les services connectés.
La place de FPT a été évoquée à propos des moteurs industriels et de la production d’énergie. Girish Wagh a rappelé que Tata Motors utilise des moteurs FPT depuis une vingtaine d’années par l’intermédiaire de Tata Daewoo. En Inde, la coentreprise avec Cummins pour les moteurs de poids lourds se poursuivra. Tata Motors examinerait par ailleurs l’apport des compétences de FPT sur d’autres segments de sa gamme et pour des applications industrielles en Inde, en Afrique et en Asie du Sud-Est.
Les besoins diffèrent selon les usages et les marchés. Girish Wagh l’a résumé en comparant les attentes d’une flotte à Francfort à celles d’une flotte à Mumbai. Pour les transporteurs, la portée de la coopération se mesurera dans les modèles disponibles, les coûts d’exploitation, l’après-vente et l’accès aux pièces, autant que dans les choix de motorisation.
Turin confirmé, continuité annoncée
Olof Persson a confirmé le maintien du siège d’Iveco Group à Turin : « Le siège est à Turin et il y restera. » Il a décrit le site comme un pôle de production et d’ingénierie, avec des compétences logicielles et des activités liées aux technologies de décarbonation.
Questionné sur 76 millions d’euros d’investissements annoncés pour les usines italiennes, Olof Persson a précisé que ces montants reprenaient les annonces de février, qu’ils étaient confirmés et que les travaux étaient en cours. Sur les implantations italiennes et espagnoles, N. Chandrasekaran a indiqué que les compétences de chaque site seraient examinées au regard des marchés à servir.
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