Supply chain : 66 % d’engagement environnemental, mais seulement 20 % des entreprises confiantes dans leurs objectifs
Dans le transport et la logistique, la durabilité s’installe dans les stratégies supply chain, mais son déploiement opérationnel reste sous tension. Une étude menée auprès de 678 cadres en Europe et en Amérique du Nord met en évidence un engagement élevé des entreprises, contrasté par une confiance limitée dans leur capacité à atteindre leurs objectifs environnementaux, ce qui peut rebattre les cartes entre conviction et moyens engagés.
Blue Yonder, en publiant ce rapport intitulé La chaîne d’approvisionnement : un éclairage sur la durabilité, montre que le sujet devient un levier de performance économique, portée par l’optimisation des flux et la réduction des pertes. Le document met aussi en évidence le poids encore limité des véhicules électriques dans les priorités, cités par seulement 10 % des répondants, ainsi qu’une intégration progressive des enjeux environnementaux au cœur des opérations.

Une pression carbone qui redéfinit le rôle des supply chains
Avec près de 60 % des émissions mondiales de carbone liées aux chaînes d’approvisionnement, le secteur logistique se retrouve au cœur des trajectoires de décarbonation. C’est d’ailleurs l’un de nos sujets hebdomadaires chez Truckeditions.com, donc 66 % des dirigeants déclarent travailler activement à la réduction de l’impact environnemental de leurs opérations.
Aussi, 56 % considèrent que les acteurs de la supply chain ont une responsabilité directe dans la gestion de problématiques globales comme l’inflation ou le changement climatique. Cette perception élargit le périmètre traditionnel du transport et de la logistique, désormais impliqués dans des arbitrages économiques et environnementaux simultanés.
Une intégration progressive dans les organisations
La structuration interne progresse mais reste hétérogène. 47 % des entreprises interrogées ont mis en place des équipes dédiées au développement durable, tandis que les opérations, la supply chain et la logistique restent fortement impliquées, respectivement à 39 %, 28 % et 19 %. Cette organisation traduit un basculement vers une approche transversale. La durabilité ne constitue plus un silo et s’inscrit directement dans les processus métiers, notamment dans la gestion des flux physiques et des infrastructures logistiques.
Pour autant, cette intégration ne se traduit pas par une priorité stratégique forte. Seuls 12 % des responsables supply chain citent la durabilité parmi leurs trois priorités principales, contre 24 % un an plus tôt. Dans le même temps, l’amélioration de l’efficacité et de la productivité arrive largement en tête avec 35 %, suivie par la prise de décision rapide à 29 % et la rentabilité également à 29 %.
Un écart marqué entre ambitions et capacité d’exécution
Le point de friction principal réside dans la capacité à transformer les engagements en résultats concrets. Seuls 20 % des décideurs se disent confiants dans l’atteinte de leurs objectifs environnementaux. Dans le détail, 25 % estiment que les objectifs actuels ne sont pas suffisamment ambitieux, assez étonnant quant au discours entendu, tandis que 25 % anticipent des perturbations significatives des processus si des actions plus radicales étaient mises en œuvre. Pour les transporteurs, cette tension se traduit directement sur le terrain. Les investissements dans les flottes bas carbone, les infrastructures énergétiques ou la réorganisation des tournées impliquent des coûts et des risques opérationnels difficiles à absorber dans un contexte économique contraint.
Donnée, traçabilité et prévision comme leviers opérationnels
L’étude identifie clairement les leviers d’action privilégiés. 26 % des dirigeants placent la donnée et la traçabilité au premier rang pour améliorer la performance environnementale. La capacité à mesurer précisément les émissions devient une condition préalable à toute stratégie crédible. Les technologies de prévision apparaissent comme le principal levier d’amélioration, citées par 33 % des répondants. Elles permettent d’optimiser les flux, de limiter les surstocks et de réduire les transports inutiles.
D’autres axes sont également identifiés, notamment la réduction des déchets dans les processus industriels à 27 %, le packaging durable à 27 %, le recyclage à 26 % ou encore l’utilisation de données analytiques pour le suivi des émissions à 26 %. Dans les opérations logistiques, ces leviers se traduisent par une optimisation des tournées, une meilleure gestion des retours et une réduction des kilomètres à vide.
Une IA encore centrée sur la performance
L’intelligence artificielle s’impose progressivement mais reste majoritairement associée à des gains opérationnels. 29 % des décideurs mettent en avant l’amélioration de la planification et de la prévisibilité, 26 % la gestion des risques et 23 % la rapidité de décision.
En revanche, seuls 11 % identifient des bénéfices directs pour la durabilité et 13 % pour la traçabilité. Cette perception illustre un décalage entre les usages actuels de l’IA et son potentiel environnemental. Dans les faits, les gains indirects sont déjà visibles. Une meilleure anticipation des flux, une coordination accrue et une gestion optimisée des stocks contribuent à réduire les émissions liées au transport et à la logistique.
Vers une redéfinition progressive des modèles logistiques
Les enseignements du rapport confirment une transformation en cours, sans rupture immédiate. La durabilité s’inscrit dans une logique d’optimisation globale des chaînes logistiques, plutôt que comme un axe autonome.
Pour les acteurs du transport routier, cette évolution impose de repenser les modèles opérationnels. Entre contraintes économiques, exigences réglementaires et pression des donneurs d’ordre, la capacité à intégrer la dimension environnementale dans les décisions quotidiennes est en phase de devenir un réel facteur différenciant.
Plus d’informations à propos de BlueYonder

🚛 Voir tous les épisodes de la série My Job My Truck



















Consultez également :
- Supply chain : 66 % d’engagement environnemental, mais seulement 20 % des entreprises confiantes dans leurs objectifs
- Décarbonation du transport frigorifique : la location comme rampe d’accès à l’électrique ?
- Actros L et eActros 600 ProCabin : au relais de Châteaubourg, une cabine mise à l’épreuve du réel
- Hommage à Kara Mendjel, pionnier du transport et de la transition énergétique
- IVECO France ajuste sa trajectoire en 2026, entre pression réglementaire et mutation des services
Raconter le transport en images, avec justesse et engagement
Chez Truckeditions, nous aimons raconter le transport routier autrement. En allant sur le terrain, en captant les gestes, les savoir-faire, les machines en mouvement – et surtout les personnes qui font avancer ce secteur au quotidien.
Notre équipe audiovisuelle travaille en lien étroit avec notre rédaction pour produire des contenus cohérents, précis, vivants : reportages, interviews, captations, montages dynamiques, animations techniques… Chaque format est pensé pour mettre en valeur votre projet, en respectant les codes du métier et les enjeux de communication B2B.
🎬 Cette vidéo est un aperçu de notre manière de filmer le TRM : directe, claire, respectueuse des réalités du terrain.
Envie de vidéos claires, ciblées et bien réalisées pour vos supports métiers ? Échangeons.

