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MAN complète sa gamme de camions électriques avec les eTGL et eTGM et développe son après-vente électrique

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Une gamme désormais structurée du 12 au 50 tonnes

À l’occasion de ses « MAN Urban Days » organisés à Évry-Courcouronnes, MAN Truck & Bus France a présenté aux transporteurs et aux loueurs ses deux nouveaux porteurs électriques destinés à la distribution : le eTGL de 12 tonnes et surtout le nouveau eTGM de 16 tonnes, dévoilé pour la première fois en France quelques semaines après sa présentation mondiale à Milan.

Avec ces deux modèles, le constructeur allemand estime désormais disposer d’une gamme électrique couvrant l’essentiel des besoins du transport routier de marchandises.

« La gamme de tonnage est complète puisqu’on part maintenant du 12 tonnes pour aller jusqu’au 50 tonnes avec le tracteur », souligne Mathieu Pierrat, ingénieur produits électriques chez MAN Truck & Bus France.

Cette stratégie repose sur une architecture commune à l’ensemble des véhicules électriques de la marque. Les batteries, les chaînes cinématiques et les principaux composants sont largement mutualisés entre les eTGL, eTGM, eTGS et eTGX. Pour MAN, cette standardisation permet à la fois de simplifier le développement industriel, l’entretien et la montée en compétences du réseau. Elle facilite aussi la formation des équipes commerciales et après-vente, un point devenu central à mesure que l’électrification des flottes se généralise.

Jean-Yves Kerbrat, directeur général de MAN Truck & Bus France, résume la philosophie du constructeur : « Aujourd’hui, avec l’arrivée de ces véhicules, nous avons une gamme complète électrique qui couvre plus de 80 % des applications possibles. »

eTGL : l’électrique pour la distribution urbaine

Premier maillon de cette nouvelle offre, le eTGL cible principalement les opérations urbaines et périurbaines. Construit sur la base du TGL thermique, il conserve les mêmes cabines et la même hauteur de châssis. L’intégration de deux à quatre packs batteries permet d’adapter le véhicule aux besoins des exploitants.

MAN estime que la majorité des clients privilégieront une configuration à deux packs afin de maximiser la charge utile. Dans cette configuration, l’autonomie dépasse déjà 250 km, un niveau jugé suffisant pour la majorité des tournées urbaines.

Le constructeur met également en avant une grande flexibilité d’intégration avec plusieurs positions possibles pour la prise de recharge et une architecture facilitant le carrossage. Le eTGL présenté lors de l’événement disposait d’une charge utile légèrement supérieure à 4 tonnes avec sa caisse montée.

Présenté en avant-première à Solutrans 2025, ce porteur électrique a confirmé l’intérêt de MAN pour les missions de distribution du dernier kilomètre, où la compacité, la charge utile et la simplicité d’exploitation restent déterminantes.

eTGM : le chaînon manquant entre distribution et régional

La véritable nouveauté de cette présentation reste toutefois le eTGM. Positionné à 16 tonnes, il répond à une problématique souvent évoquée par les transporteurs : l’impact des batteries sur la charge utile.

« Le eTGM va justement combler ce manque de charge utile qui peut être nécessaire », explique Mathieu Pierrat.

Avec un PTAC pouvant atteindre 16,5 tonnes et jusqu’à quatre packs batteries, le nouveau modèle vise les activités régionales, les tournées multi-clients et les applications spécialisées. MAN annonce jusqu’à 480 km d’autonomie selon la configuration retenue.

Les applications ciblées sont nombreuses :

  • distribution en caisse sèche ;
  • transport frigorifique ;
  • activités de dépannage ;
  • métiers nécessitant une prise de mouvement ;
  • distribution régionale.

La présence d’une interface haute tension permet notamment d’alimenter directement les groupes frigorifiques sans recourir à une motorisation auxiliaire dédiée. Autre avantage mis en avant : la cabine basse à deux marches, particulièrement adaptée aux activités de distribution nécessitant de fréquentes montées et descentes. Le véhicule exposé affichait une charge utile supérieure à 6 tonnes.

Avec ce modèle, MAN entend répondre à un segment intermédiaire encore peu couvert par l’offre électrique, mais particulièrement stratégique pour les transporteurs qui cherchent à électrifier des tournées régionales sans sacrifier la polyvalence opérationnelle.

Un marché encore largement dominé par le diesel

Pour MAN, le potentiel de développement reste considérable. Selon les chiffres présentés lors de l’événement, le segment des porteurs de 10 à 16 tonnes a représenté 5 616 immatriculations en France en 2025. Malgré des usages souvent considérés comme les plus favorables à l’électrification, le diesel domine encore très largement ce marché avec près de 87 % des immatriculations. L’électrique ne représente actuellement qu’un peu plus de 4 % du segment.

Une situation que MAN attribue principalement à deux facteurs :

  • le niveau d’investissement initial ;
  • les problématiques d’infrastructure de recharge.

Pour autant, le constructeur estime que les nouvelles aides modifient progressivement l’équation économique et rendent les projets plus lisibles pour les transporteurs, notamment lorsqu’ils s’inscrivent dans une logique de renouvellement de flotte à moyen terme.

TCO : l’argument qui prend de plus en plus de poids

L’un des messages les plus forts de la journée concernait la rentabilité économique des véhicules électriques. Selon MAN, les coûts d’exploitation peuvent désormais être inférieurs de 20 à 60 % à ceux d’un véhicule diesel selon les usages.

Mathieu Pierrat est catégorique : « Aujourd’hui, rouler en véhicule électrique en termes de coût d’exploitation est beaucoup plus intéressant qu’un véhicule thermique. »

Jean-Yves Kerbrat va dans le même sens : « Les OPEX (charges d’exploitation) sont plutôt divisés par deux voire par trois en fonction des usages. »

Le directeur général de MAN France rappelle toutefois que la principale difficulté reste le CAPEX (dépenses d’investissement). L’acquisition d’un poids lourd électrique nécessite toujours un investissement significativement supérieur à celui d’un modèle diesel, même si les dispositifs d’aide actuels permettent de réduire l’écart. Les certificats d’économie d’énergie (CEE), les mécanismes de suramortissement et les différentes aides publiques contribuent désormais à améliorer la compétitivité globale des projets.

Pour les transporteurs, l’enjeu consiste donc à arbitrer entre un investissement initial plus élevé et des coûts d’exploitation plus faibles sur la durée, dans un contexte où la visibilité sur les usages et les kilomètres parcourus devient essentielle.

Recharge : MAN mise sur une approche 360°

Au-delà du véhicule, MAN considère que l’électromobilité impose une transformation complète de l’exploitation. Le constructeur a ainsi développé avec EDF une offre baptisée « MAN EDF 360 ».

L’objectif est de proposer une solution intégrée comprenant :

  • le véhicule ;
  • l’infrastructure de recharge ;
  • le raccordement énergétique ;
  • l’optimisation de la recharge ;
  • l’entretien des équipements ;
  • l’accompagnement à l’exploitation.

« On ne peut pas livrer un simple véhicule électrique sans moyen de recharge », rappelle Mathieu Pierrat.

L’approche vise également à optimiser le coût énergétique grâce à des stratégies de recharge intelligente exploitant les périodes où l’électricité est la plus compétitive.

Pour Jean-Yves Kerbrat, la réussite de l’électromobilité dépend désormais davantage de l’organisation que de la technologie : « La question ne se pose plus de savoir si demain on adoptera ce type de véhicule mais surtout comment on va pouvoir composer avec les contraintes réelles qui peuvent exister mais aussi avec les bénéfices liés à ce type de véhicule. »

Cette logique d’accompagnement global devient un argument commercial à part entière, au même titre que les caractéristiques techniques des véhicules.

La formation, un levier stratégique pour sécuriser la transition

L’électrification des flottes ne repose pas uniquement sur les véhicules et les infrastructures. Elle suppose aussi une montée en compétences de l’ensemble des acteurs de la chaîne : équipes commerciales, techniciens, exploitants, conducteurs et gestionnaires de flotte.

Chez MAN, la formation interne constitue un axe majeur de la transition. Jean-Yves Kerbrat a insisté sur la nécessité de préparer le réseau à l’arrivée de ces nouvelles technologies, en particulier sur les sujets liés à la haute tension, au diagnostic batterie, aux procédures de sécurité et à l’accompagnement des clients dans leurs usages quotidiens.

Le directeur général de MAN Truck & Bus France a également rappelé que cette montée en compétences s’appuie sur un réseau déjà structuré : une vingtaine de points de service eTruck sont aujourd’hui certifiés en France, avec un objectif d’une quarantaine de sites d’ici fin 2026.

Mais MAN ne limite pas son maillage à l’électrique. Le constructeur a surtout renforcé son réseau global sur le territoire français, qui est passé de 80 à 117 points de service aujourd’hui. Cette progression fait de MAN un acteur particulièrement dense sur le marché français, capable d’assurer une proximité renforcée avec les transporteurs, qu’ils exploitent des véhicules thermiques ou électriques.

Cette couverture élargie doit permettre de sécuriser l’exploitation des véhicules électriques, mais aussi de rassurer les transporteurs sur la disponibilité des compétences techniques. Pour MAN, la formation ne concerne donc pas seulement les équipes internes : elle devient un vecteur de confiance pour l’ensemble de l’écosystème.

Les services digitaux au cœur du dispositif

MAN s’appuie également sur son environnement numérique pour accompagner ses clients. Tous les véhicules électriques disposent des services connectés Rio permettant notamment :

  • le suivi des consommations ;
  • l’analyse des performances énergétiques ;
  • l’accompagnement des conducteurs ;
  • le pilotage des coûts d’exploitation ;
  • la maintenance proactive.

Selon le constructeur, 100 % des véhicules MAN commercialisés sont aujourd’hui connectés. Le déploiement du service proactif vise notamment à anticiper les immobilisations et à planifier les interventions avant l’apparition de pannes bloquantes. Une approche qui prend une importance particulière dans un contexte où la disponibilité des véhicules reste un critère majeur pour les transporteurs. Les outils digitaux deviennent ainsi un prolongement naturel de l’offre électrique : ils permettent de suivre les usages, d’optimiser les tournées et de mieux piloter la rentabilité des véhicules sur la durée.

Batteries : MAN inaugure son premier Battery Repair Center en France

L’autre annonce marquante de cette journée concernait l’après-vente. MAN a présenté à Évry-Courcouronnes son premier centre français dédié à la réparation des batteries haute tension. Ce Battery Repair Center permettra d’effectuer des interventions lourdes sans devoir systématiquement expédier les batteries à l’étranger.

« Si vous lancez un produit dont vous ne maîtrisez pas sur toutes les réparations, cela peut faire peur à nos clients », explique Xavier Rioult, référent technique eTruck chez MAN France.

Le site est capable d’intervenir jusqu’au niveau module, avec des opérations de démontage, de diagnostic et de remplacement de composants internes.

En parallèle, le constructeur poursuit la montée en compétences de son réseau. MAN dit compter aujourd’hui une vingtaine de points de service eTruck certifiés en France, mais son maillage global serait bien plus large, avec 117 points de service répartis sur le territoire. Cette densité peut constituer un atout important sur le marché français, où la proximité atelier reste un critère décisif pour les transporteurs.

Cette stratégie doit permettre d’assurer une couverture nationale pour les interventions liées aux véhicules électriques, tout en rassurant les transporteurs sur la disponibilité des compétences techniques et des pièces critiques.

Une électrification désormais entrée dans sa phase opérationnelle

Avec le lancement du eTGM et l’arrivée du eTGL, MAN considère avoir franchi une nouvelle étape dans sa stratégie électrique.

Une évolution qui reflète l’état actuel du marché : la technologie est disponible, les véhicules existent, les autonomies progressent et les modèles économiques deviennent plus lisibles. Reste désormais à accompagner les transporteurs dans le déploiement concret de ces nouvelles solutions.

Vincent MAHE pour Truckeditions

Plus d’informations à propos de MAN Truck & Bus

Intervenants dans ce reportage video Truckeditions.com : Vincent Mahé, Truckeditions, Mathieu PIERRAT, Ingénieur Produits Electriques – MAN Truck & Bus France, Jean-Yves KERBRAT, Directeur Général – MAN Truck & Bus France, Xavier RIOULT, Référent Technique e-Truck – MAN Truck & Bus France.

Réalisation Vincent Mahé – Directrice de production Catherine Mahé Godeloup – Production exécutive Vidéomakersolutions – Musique Motion Array : Flying In A Dream.wav

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