Choose France : Scania prévoit d’investir 70 M€ à Angers pour produire des poids lourds électriques
À la veille du sommet Choose France, les ministres Philippe Tabarot et Sébastien Martin ont annoncé un projet d’investissement de 70 millions d’euros de Scania sur son site d’Angers. Pour l’exécutif, cette opération viendrait illustrer à la fois l’attractivité industrielle de la France et la volonté d’accélérer l’électrification du transport routier de marchandises.

Un projet industriel présenté comme un signal pour la filière
Le gouvernement a choisi de mettre en lumière l’investissement prévu par Scania sur son site d’Angers parmi les annonces associées à l’édition 2026 de Choose France. Le constructeur suédois prévoit d’engager 70 millions d’euros afin d’adapter son outil industriel à la production de poids lourds électriques.
L’opération comprend l’extension de l’usine actuelle par la création d’un nouveau bâtiment ainsi que la transformation des lignes d’assemblage. L’objectif est d’intégrer progressivement la fabrication de véhicules électriques aux côtés des productions existantes.
Pour les pouvoirs publics, cette décision constituerait un indicateur de l’attractivité de la France pour les investissements liés à la décarbonation des transports. Elle vient s’inscrire également dans la stratégie nationale visant à renforcer la présence industrielle sur le territoire autour des technologies de mobilité à faibles émissions.
Le site d’Angers pleinement intégré au dispositif la transition énergétique du TRM
L’usine angevine occupe déjà une place importante dans le dispositif industriel de Scania. Le site emploie près de 1 500 salariés et assemble chaque année entre 20 000 et 30 000 poids lourds destinés au transport routier de marchandises.
La France constitue l’un des trois pays de production du groupe, aux côtés de la Suède et des Pays-Bas. Selon les informations communiquées par les ministères, plusieurs centaines d’emplois pourraient être créées à terme en fonction de l’évolution du marché des véhicules électriques.
La future production issue d’Angers doit contribuer à renforcer l’offre disponible pour les transporteurs français engagés dans la réduction de leurs émissions. Elle participe également à la localisation sur le territoire national d’une partie de la chaîne de valeur liée à la transition énergétique du transport routier. Notons que d’autres constructeurs européens assemblent déjà en France des poids lourds électriques depuis plusieurs années.
Un marché encore en phase de démarrage
L’annonce intervient alors que le poids lourd électrique peine encore à trouver sa place sur le marché français. Les véhicules à batteries représentent aujourd’hui environ 2 % des ventes de camions neufs, contre 7 % en Allemagne et près de 18 % aux Pays-Bas.
Pour les entreprises de transport, le coût d’acquisition des véhicules, l’accès aux infrastructures de recharge et les contraintes d’exploitation demeurent parmi les principaux facteurs de décision. Face à ce constat, l’État a récemment renforcé ses dispositifs de soutien. Les aides à l’acquisition peuvent désormais atteindre 100 000 euros pour les véhicules les plus lourds, contre 60 000 euros auparavant.
Le gouvernement entend également agir sur la demande. Le projet de loi-cadre sur les transports porté par Philippe Tabarot prévoit plusieurs dispositions destinées à encourager le recours aux véhicules lourds à zéro émission.
La question des infrastructures reste centrale
Au-delà des véhicules eux-mêmes, le déploiement des capacités de recharge apparaît comme l’un des principaux leviers de développement du marché. Le ministère des Transports a fixé un objectif de 8 000 points de recharge destinés aux poids lourds au cours des dix prochaines années.
Pour les transporteurs, la réussite de l’électrification dépendra autant de la disponibilité des camions que de l’existence d’un réseau de recharge adapté aux usages longue distance, régionaux ou urbains, même si les problématiques restent plus complexes que cela.
La concrétisation des ambitions affichées dépendra également de la santé économique de la filière. Or, de nombreux transporteurs restent confrontés à une rentabilité dégradée. Avec 645 procédures recensées au deuxième trimestre 2025, les défaillances d’entreprises dans le transport routier demeurent à un niveau particulièrement élevé, signe d’un secteur encore fragilisé malgré les perspectives ouvertes par la transition énergétique.
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