Actros L et eActros 600 ProCabin : au relais de Châteaubourg, une cabine mise à l’épreuve du réel
Mercedes-Benz Trucks a lancé l’Actros L ProCabin fin 2025, une évolution majeure de sa cabine longue distance, avec un travail marqué sur l’aérodynamique, le confort et l’environnement de conduite. Pour accompagner cette arrivée, le constructeur choisit une approche directe avec la tournée « La Pause Étoilée ».
À Châteaubourg, au relais Ker Jo Ann, deux véhicules sont présentés aux conducteurs : un Actros L 1953 équipé de la ProCabin standard, et un eActros 600, lui aussi doté de la ProCabin mais en configuration SoloStar, avec son siège passager reculé, sa table amovible et cet espace “salon” pensé pour la vie à bord. Sur ce parking de routiers, en fin de journée, les camions ne sont pas simplement exposés. Ils sont observés, testés, commentés.
« Je me suis arrêté ici pour manger et j’ai vu les nouveaux Mercedes, alors je suis venu voir ce qui se faisait », explique Franck Boisot, conducteur chez les Transports Clot.
« On ne s’attend pas à voir un constructeur venir à nous comme ça », ajoute Christophe Fraquet des Transports Effitrans. Le ton est donné, celui d’un échange sans filtre.
Quand le constructeur vient au contact du terrain
Sur place, la démarche interpelle autant que le produit. Les conducteurs ne sont pas dans une logique de démonstration, mais de découverte spontanée. Le camion attire, on monte, on regarde, on compare avec son propre véhicule. Cette proximité change la nature des échanges.
« On vient voir, on regarde, c’est concret », résume Franck BOISOT, quand Ludovic CORNETTE, conducteur – Transports Mayer souligne que « c’est mieux que de voir ça ailleurs, là on peut vraiment se faire une idée ». La cabine devient immédiatement un sujet de discussion entre professionnels, sans intermédiaire.
Un design qui déstabilise avant de convaincre
Le premier regard se porte sur la silhouette. La ProCabin tranche avec les générations précédentes, avec des lignes plus arrondies et une face avant lissée. Les réactions sont partagées mais « évolutives ».
« Au début ça surprend, mais à force d’en voir, ça passe mieux », observe Ludovic CORNETTE. « C’est surtout le look qui change beaucoup, il y en a qui vont aimer, d’autres pas », nuance Franck BOISOT. L’esthétique ne fait pas consensus, mais elle n’est pas rédhibitoire. Très vite, la discussion bascule vers l’usage, reléguant le design au second plan.
À bord, le confort comme critère immédiat
Une fois dans la cabine, les conducteurs reviennent à leurs fondamentaux. L’espace, la circulation et la qualité de vie à bord structurent les échanges. « Moi, la première chose que j’ai regardée, c’est la place », affirme Ludovic CORNETTE, en rappelant que l’on passe du temps dans la cabine et pas seulement à rouler. La cabine est jugée comme un environnement de travail prolongé. « Le matelas, c’est le premier truc qu’on regarde, parce qu’on va dormir dessus », précise Christophe FRAQUET.
Ludovic CORNETTE insiste sur l’ergonomie : « là, il y a de la place entre le tableau de bord et la couchette, c’est ce qu’il faut ». Ces éléments, concrets et immédiats, priment sur toute autre considération.
Sur l’eActros 600 en version SoloStar, les réactions sont encore plus marquées. Le coin salon attire immédiatement l’attention. Siège passager reculé, table amovible, circulation dégagée… « Là, tu peux vraiment t’installer le soir », glisse Christophe FRAQUET. Ce concept, réservé ici à l’électrique présenté, suscite des commentaires très positifs sur la vie à bord.

Digitalisation : entre intérêt et vigilance
L’environnement technologique suscite davantage de nuances. La cabine introduit un niveau de digitalisation plus élevé, avec écrans et aides à la conduite. « C’est futuriste, tout est digital », reconnaît Franck BOISOT, mais la prudence reste présente. « Plus il y a de technologie, plus il peut y avoir de problèmes, un capteur ou un voyant et cela devient vite pénible ». Le sujet révèle un clivage générationnel. « Je suis de l’ancienne école, il faudrait que je m’y mette », mais à un an de la retraite, c’est trop tard pour moi, admet Michel MERY, conducteur des Transports SPIE, tandis que Franck BOISOT constate que « les jeunes sont plus habitués, on leur apprend directement comme ça ». L’acceptation existe, mais elle se construit dans le temps.
Une lecture centrée sur l’usage métier
Au fil des échanges, une constante s’impose. Les conducteurs ne raisonnent pas en termes de produit, mais d’exploitation. Et d’autant plus avec un véhicule électrique, rappelle Franck BOISOT, recentrant le débat sur la réalité du métier.
Cette logique se retrouve encore davantage autour du eActros 600. « Moi, je regarde surtout l’autonomie, parce que ça impacte toute ma journée », explique Franck BOISOT. Chaque innovation est évaluée à l’aune de son impact sur l’organisation du travail.
Repères techniques sur l’eActros 600
L’eActros 600 présenté sur l’événement n’a pas seulement fait parler pour son intérieur SoloStar. Techniquement, il ouvre aussi beaucoup de questions. Il repose sur une architecture eAxle avec moteurs électriques intégrés à l’essieu arrière, pour une puissance continue d’environ 400 kW et jusqu’à 600 kW en crête.
Son système repose sur trois batteries LFP, une capacité totale d’environ 621 kWh
jusqu’à 500 km d’autonomie sans recharge intermédiaire. Un chiffre qui revient souvent dans les discussions : « 500 bornes, si ça colle avec les tournées, ça commence à parler », résume Franck BOISOT.
Autre sujet très commenté, la recharge. Avec le Megawatt Charging annoncé, passage de 20 % à 80 % en environ 30 minutes, de quoi correspondre, sur le papier, à une pause réglementaire. Mais le terrain ramène tout à la réalité : « Si tu sais où recharger, ça peut marcher… sinon ça complique tout », entend-on plusieurs fois. L’intérêt est réel, mais toujours mesuré à l’aune du métier.
Repères techniques sur la ProCabin
Sur l’Actros L 1953, la ProCabin introduit une cabine redessinée visant jusqu’à 3 % de réduction de consommation.
Sous cette cabine, Mercedes avait retenu ici le six-cylindres en ligne OM 471 de 12,8 litres, dans sa déclinaison 530 ch, moteur emblématique des applications longue distance de la marque, reconnu pour son compromis entre sobriété, souplesse et couple.
Cet Actros L intègre également la boîte PowerShift Advanced, le système Predictive Powertrain Control qui ajuste automatiquement la vitesse et les rapports en fonction du profil de la route, le Multimedia Cockpit Interactive 2 et plusieurs aides avancées à la conduite, dont l’Active Drive Assist et le freinage d’urgence. Des évolutions techniques pour cet Actros L et sa Procabin, mais perçues d’abord en cette fin de journée par les conducteurs à travers le confort de vie.

Une cabine qui génère plus de questions qu’elle n’apporte de réponses immédiates
En quittant le relais, les avis restent nuancés mais convergent sur un point : la cabine fait réagir. « C’est futuriste, mais franchement pas mal, j’aimerais bien partir avec, sur la route », conclut Christophe FRAQUET. Entre curiosité, prudence et intérêt, la ProCabin s’inscrit dans une phase d’appropriation. Sur le terrain, elle ne se juge pas en une visite, mais par l’épreuve du quotidien, là où se construit réellement son acceptation.
Vincent MAHE pour Truckeditions
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