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Transport de déchets en électrique : retour d’exploitation du Volvo FMX Electric dans le Gard

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Dans le Gard, l’électrification du transport de déchets sort du cadre expérimental pour s’inscrire dans une logique d’exploitation quotidienne. La société Océan Propreté, basée à Nîmes, exploite depuis plus d’une année un tracteur électrique Volvo FMX Electric sur des rotations régulières entre un incinérateur et un centre d’enfouissement. Un cas concret qui vient illustrer les conditions de viabilité opérationnelle d’un poids lourd électrique dans un environnement contraint.

Une application construite autour d’un besoin d’exploitation réel

Spécialisée dans le transport de déchets, la propreté urbaine et les services environnementaux, Océan Propreté intervient sur plusieurs segments d’activité intégrant déjà des démarches de transition énergétique. L’intégration d’un tracteur électrique s’inscrit dans cette continuité.

Comme l’explique Jean-Claude Escorihuela, directeur du développement, l’entreprise opère sur des missions variées allant de la collecte à la mise à disposition d’équipements sanitaires, avec une composante transport structurante. L’électrification n’a donc pas été pensée comme une vitrine technologique, mais comme une réponse à des contraintes opérationnelles existantes.

Jean-Claude Escorihuela, directeur développement chez Océan Propreté
Jean-Claude Escorihuela, directeur développement chez Océan Propreté

Un appel d’offres structurant pour le projet

Le projet prend forme à l’occasion d’un appel d’offres intégrant une exigence environnementale forte. Il s’agissait d’assurer le transport de résidus d’incinération entre deux sites dans le Gard, avec une dimension locale et durable. L’intérêt du dispositif repose notamment sur la cohérence énergétique du modèle. Le transport des déchets s’effectue avec un véhicule alimenté par une énergie produite à partir de ces mêmes déchets, créant ainsi une boucle d’exploitation cohérente sur le plan environnemental.

Un dimensionnement technique adapté aux contraintes terrain

Pour répondre aux exigences du cahier des charges, le choix s’est porté sur un Volvo FMX Electric équipé de six packs batteries. L’objectif était clair : garantir environ 300 kilomètres d’autonomie et assurer trois à quatre rotations quotidiennes. Le véhicule devait également être capable d’accéder à un centre d’enfouissement, ce qui implique des contraintes d’accès, de charge et de motricité spécifiques. Le dimensionnement du véhicule a donc été directement corrélé aux conditions réelles d’exploitation.

Une mise en œuvre tripartite : transporteur, client et constructeur

Le projet repose sur une collaboration étroite entre trois acteurs : le transporteur, le client et le constructeur. Océan Propreté a investi dans le véhicule, le client a pris en charge l’installation de l’infrastructure de recharge sur son site, et le constructeur a accompagné le projet via une étude d’exploitation et la formation des conducteurs.

En amont, Volvo Trucks a réalisé une simulation complète des tournées à partir des données fournies (points de départ, d’arrivée, nombre de rotations). Un véhicule de démonstration a ensuite été testé en conditions réelles, validant la faisabilité opérationnelle avant investissement.

Un retour d’exploitation stable après un an d’utilisation

Après plus d’un an d’exploitation, les retours convergent vers une stabilité des performances opérationnelles selon les protagonistes. Le conducteur, Nicolas Perez, souligne une équivalence de production avec un véhicule thermique, malgré ses interrogations initiales sur l’autonomie. La recharge s’intègre dans le cycle de travail, notamment lors de la pause réglementaire. En 45 minutes, le véhicule récupère entre 60 et 65 % de charge, permettant d’assurer une rotation supplémentaire si nécessaire.

Nicolas Perez, conducteur du Volvo FMX Electric pour Océan Propreté
Nicolas Perez, conducteur du Volvo FMX Electric pour Océan Propreté

Une évolution des pratiques de conduite et des conditions de travail

Le passage à l’électrique implique une adaptation du style de conduite, avec une gestion plus fluide pour optimiser l’autonomie. En contrepartie, les gains en confort sont significatifs d’après Nicolas. Le silence de fonctionnement et la réduction des vibrations contribuent à diminuer la fatigue en fin de journée. Ces éléments, souvent secondaires dans l’analyse économique, deviennent des facteurs d’attractivité et de fidélisation des conducteurs.

Un équilibre économique encore dépendant du contexte marché

Sur le plan économique, l’investissement initial reste supérieur à celui d’un véhicule diesel. Toutefois, cet écart est partiellement compensé par des coûts d’exploitation réduits, notamment en entretien et en énergie. Par ailleurs, l’évolution des appels d’offres publics, de plus en plus orientés vers des solutions bas carbone, peut constituer un levier structurant. L’électrification devient progressivement un prérequis d’accès à certains marchés.

Une électrification progressive des flottes spécialisées

Pour Océan Propreté, ce premier poids lourd électrique s’inscrit dans une trajectoire plus large. L’entreprise a déjà engagé une démarche d’électrification sur plusieurs segments et envisage de poursuivre dans cette voie.

Ce type de retour d’expérience confirme que la pertinence d’un projet électrique repose avant tout sur l’adéquation entre usage, infrastructure et modèle économique. Un triptyque désormais central dans les stratégies de transition énergétique du transport routier.


À travers ce cas d’usage, on voit que le poids lourd électrique vient s’installer progressivement dans des applications spécialisées comme le transport de déchets. Loin des démonstrateurs, ces projets opérationnels mettent en évidence les conditions concrètes de déploiement : analyse fine des tournées, intégration de la recharge et collaboration entre acteurs. Une approche pragmatique qui tend à se généraliser dans les dossiers suivis par Truckeditions.

CGM pour Truckeditions

Plus d’informations à propos de Volvo Trucks

Plus d’informations à propos de Océan Propreté

Intervenants dans ce reportage video Truckeditions.com : Jean-Claude Escorihuela, directeur développement chez Océan Propreté, Parisa Fathi, ingénieur électromobilité Volvo Trucks France et Nicolas Perez, conducteur.

Réalisation Vincent Mahé – Directrice de production Catherine Mahé Godeloup – Production exécutive Lampyris Production – Musique Motion Array : MA_LexMusic_DigitalPossibilities

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