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Crise au Moyen-Orient : +28 % sur le gazole et une chaîne logistique mondiale sous tension

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La crise géopolitique au Moyen-Orient perturbe déjà les flux du transport mondial et de la logistique. Entre routes aériennes bouleversées, transport maritime désorganisé et flambée du prix du gazole, l’ensemble de la chaîne logistique internationale subit un choc rapide. Pour les transporteurs routiers français, l’impact est immédiat : en deux semaines, le prix du gazole professionnel a bondi de plus de 28 %, mettant sous pression la trésorerie des entreprises du secteur.

Crise au Moyen-Orient : +28 % sur le gazole et une chaîne logistique mondiale sous tension

Fret aérien : une chute brutale de capacité sur les grands corridors

L’offensive militaire déclenchée le 28 février 2026 au Moyen-Orient a rapidement désorganisé le transport aérien mondial. Depuis le début du conflit, plus de 30 000 vols ont été annulés, soit environ 20 % du trafic mondial.

Le fret aérien est particulièrement touché. La capacité disponible sur le corridor stratégique Asie–Moyen-Orient–Europe a reculé d’environ 30 %, tandis que la liaison Inde–États-Unis accuse une baisse d’environ 25 %. Plusieurs espaces aériens de la région, notamment en Syrie, en Irak, au Koweït et à Bahreïn, restent fermés.

Dans ce contexte, les hubs majeurs du Golfe comme Dubaï, Abu Dhabi ou Doha fonctionnent en mode fortement dégradé. Les compagnies aériennes tentent de maintenir quelques rotations cargo en passant parfois par des escales alternatives comme Mascate ou Riyad. Pour les chargeurs européens, ces réorganisations se traduisent déjà par des délais d’acheminement plus longs et par une hausse des taux de fret estimée entre 5 % et 15 % sur plusieurs axes intercontinentaux.

Transport maritime : une désorganisation qui se propage aux routes mondiales

La situation est tout aussi tendue dans le transport maritime. Le détroit d’Ormuz n’est pas officiellement fermé mais il est désormais considéré comme une zone à haut risque. Plusieurs compagnies ont suspendu leurs réservations vers le Golfe Persique et de nombreux navires ont été immobilisés dans la zone par mesure de sécurité. Au début du mois de mars, 138 porte-conteneurs étaient ainsi à l’arrêt dans la région.

Cette tension intervient alors que les routes maritimes mondiales sont déjà perturbées par le contournement du canal de Suez depuis fin 2023 en raison des risques sécuritaires en mer Rouge. De nombreux navires passent désormais par le cap de Bonne-Espérance, ce qui allonge les temps de transit et renchérit les coûts logistiques.

Les compagnies maritimes ont commencé à appliquer des surcharges exceptionnelles pouvant atteindre entre 1 500 et 4 000 dollars pour les expéditions vers le Golfe Persique. Dans le même temps, le prix du carburant maritime VLSFO a progressé de 35 % depuis la mi-février pour atteindre environ 740 dollars la tonne.

L’ensemble de ces facteurs contribue à une hausse générale des coûts du transport international et à une instabilité accrue des taux de fret sur plusieurs routes commerciales.

TRM : une hausse du gazole qui met immédiatement les trésoreries sous tension

En France, les premières répercussions se mesurent déjà sur le coût du carburant utilisé par les transporteurs routiers. Selon le Comité national routier, le prix du gazole à la cuve acheté par les entreprises de transport a progressé de 8,6 % lors de la deuxième semaine de mars 2026.

Cette hausse intervient après une augmentation de 18 % durant la première semaine du mois. Sur deux semaines, la progression atteint ainsi +28,1 % par rapport à la dernière semaine de février, avant l’ouverture du conflit.

Pour un secteur où le carburant représente entre un quart et près d’un tiers des coûts d’exploitation, l’impact est immédiat sur la trésorerie des entreprises, en particulier pour les nombreuses PME et TPE du transport routier.

Même si le mécanisme légal d’indexation du gazole permet de répercuter les variations de prix dans les contrats de transport, la rapidité de la hausse crée un décalage temporaire entre l’augmentation des coûts supportés par les transporteurs et leur compensation effective. Pour les chargeurs et les donneurs d’ordre, ces évolutions devraient se traduire rapidement par des ajustements tarifaires dans les contrats de transport.

Les organisations professionnelles du transport mobilisées

Face à cette situation, les organisations professionnelles du transport et de la logistique suivent de près l’évolution de la crise. L’Union TLF et sa branche TLF Overseas ont engagé un suivi régulier des perturbations affectant les flux internationaux et les coûts énergétiques afin d’évaluer les conséquences pour les entreprises françaises.

Les discussions avec les pouvoirs publics portent notamment sur la transparence de l’évolution des coûts énergétiques et sur le rappel du caractère obligatoire du mécanisme de répercussion du carburant dans les contrats de transport.

Parallèlement, les organisations professionnelles travaillent sur les mesures susceptibles d’alléger la trésorerie des entreprises si la crise devait s’inscrire dans la durée. Des points d’information réguliers et des webinaires sont également prévus afin d’accompagner les transporteurs dans l’utilisation des outils d’indexation gazole.

Une chaîne logistique déjà fragilisée

Cette nouvelle tension énergétique intervient dans un contexte économique déjà délicat pour la filière transport et logistique. L’activité reste globalement atone depuis plusieurs années et le secteur enregistre un niveau de défaillances d’entreprises inédit depuis plusieurs décennies.

Si les tensions géopolitiques devaient s’inscrire dans la durée, l’ensemble du secteur transport et logistique pourrait être confronté à une nouvelle phase de volatilité des coûts énergétiques et des taux de fret, avec des effets durables sur l’organisation des chaînes d’approvisionnement.

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