Connectivité mondiale 2026 : la France reste un point fort européen pour le transport et la logistique
Le Rapport DHL sur la connectivité mondiale en 2026 confirme que la mondialisation ne recule pas, malgré les tensions géopolitiques, les droits de douane et les reconfigurations industrielles. Pour les professionnels du transport et de la logistique, ce constat est central : les flux internationaux restent à un niveau historiquement élevé et la France conserve une place solide dans cette dynamique, avec un rang mondial de 22e sur 180 économies.

Alors que les discours sur la démondialisation se multiplient, DHL observe au contraire une stabilité de la connectivité mondiale jusqu’en 2025. Dans ce paysage, la France conserve un profil international dense, porté par son ancrage européen, sa capacité à attirer et projeter des investissements et l’étendue géographique de ses flux.
Une mondialisation qui résiste aux tensions
Le principal enseignement du rapport est clair : la connectivité mondiale reste stable et proche de son niveau record atteint en 2022. DHL mesure cette connectivité à partir des flux de commerce, de capitaux, d’informations et de personnes. L’indice montre que le monde n’est pas entré dans un mouvement général de repli domestique. Pour les acteurs du transport routier, du fret international, de la commission de transport ou de la logistique contractuelle, cela signifie que les échanges transfrontaliers continuent de structurer l’activité.
Le rapport souligne aussi que les échanges de marchandises ont progressé en 2025 à un rythme rarement observé depuis 2017, hors rebond post-Covid. Cette dynamique tiendrait à plusieurs facteurs : anticipation des importations avant la hausse de certains droits de douane, redirection d’une partie des exportations chinoises vers d’autres débouchés et forte demande liée aux infrastructures de l’intelligence artificielle, notamment sur les semi-conducteurs et les équipements de transmission de données.
Le commerce mondial ne bascule donc pas dans une logique de fermeture. DHL estime même que la croissance des échanges devrait se poursuivre entre 2026 et 2029 à un rythme moyen voisin de celui de la dernière décennie. Pour les transporteurs et logisticiens, ce scénario plaide moins pour un arrêt des flux que pour une adaptation continue des corridors, des partenariats et des schémas d’approvisionnement.
La France conserve un profil international solide
Dans ce contexte, la France se classe 22e au DHL Global Connectedness Index 2026. Son rang a reculé de deux places depuis 2019, mais elle reste parmi les pays les plus connectés à l’échelle internationale. Son profil est particulièrement marqué par une forte étendue de ses flux, avec une 6e place mondiale sur ce critère. Autrement dit, les flux français sont largement répartis à l’échelle internationale et ne se limitent pas à quelques partenaires proches.
En revanche, la France se situe plus bas en profondeur, à la 86e place. Cela signifie que ses flux internationaux, bien que très diversifiés géographiquement, pèsent relativement moins lourd au regard de la taille de son activité domestique. Ce décalage est classique pour une grande économie disposant d’un marché intérieur important. Il n’en reste pas moins stratégique pour le secteur logistique : la France combine une base nationale solide avec une insertion internationale large, ce qui nourrit à la fois les trafics intérieurs, européens et intercontinentaux.
Le détail par piliers montre une insertion équilibrée. La France se classe 52e pour le commerce, 13e pour les capitaux, 18e pour l’information et 26e pour les personnes. Le point le plus marquant concerne les flux d’investissement. La France arrive en tête mondiale pour l’étendue de ses transactions de fusions-acquisitions entrantes et pour ses projets greenfield annoncés à l’étranger. Elle se classe aussi 2e pour l’étendue des projets d’IDE greenfield (investissement dans un pays avec installation de structures pour activité) entrants annoncés. Ce positionnement traduit un ancrage fort dans les chaînes de valeur internationales.
Un avantage structurel : le socle européen
La fiche pays rappelle que 61 % des flux français sont intrarégionaux. Ce chiffre confirme le poids déterminant de l’Europe dans la connectivité de la France. Pour les opérateurs de transport, cela renvoie à une réalité concrète : la performance française dépend largement de sa capacité à fluidifier ses liaisons avec le cœur du continent, qu’il s’agisse des échanges avec l’Allemagne, le Benelux, l’Italie ou l’Espagne.
Cet ancrage régional ne réduit pas la dimension mondiale du pays. Au contraire, le rapport souligne que la France détient la 5e plus grande part des flux internationaux totaux dans le monde. Sa position géographique, ses infrastructures logistiques, ses ports, ses hubs aériens et son appareil productif lui permettent de jouer un rôle d’interface entre les flux européens et les flux extra-européens.
Pour la filière transport et logistique, l’enjeu n’est donc pas seulement de suivre l’évolution du commerce mondial en volume. Il est aussi de capter la valeur liée à la redistribution des flux, à la complexification des itinéraires et au besoin croissant de fiabilité dans les chaînes d’approvisionnement.
Moins de fracture géopolitique que de reconfiguration
L’un des apports les plus utiles du rapport pour la lecture terrain est sa mise à distance des discours alarmistes sur la fragmentation du monde en blocs rivaux. Oui, les liens entre les États-Unis et la Chine se sont détériorés. Oui, certaines stratégies de réduction des risques rebattent les cartes. Mais DHL observe que seule une faible part des échanges mondiaux s’est réellement détournée des rivaux géopolitiques. Les flux se sont davantage déplacés vers des pays neutres que repliés sur des blocs fermés.
Autre signal important : en 2025, les échanges de marchandises et les IDE greenfield ont parcouru les distances moyennes les plus longues jamais enregistrées. Cette tendance va à rebours d’un scénario de régionalisation brutale. Pour les professionnels du transport, cela signifie que la demande reste tirée par des chaînes logistiques longues, complexes et multi-pays, même si elles deviennent plus prudentes, plus redondantes et plus sélectives.
Quels enjeux pour les transporteurs et logisticiens
Pour les entreprises du secteur, la lecture opérationnelle du rapport est nette. D’une part, la mondialisation tient, mais elle change de forme. D’autre part, la France reste bien placée pour en tirer parti, à condition d’entretenir sa compétitivité logistique. Cela passe par la robustesse des infrastructures, la qualité de service sur les axes européens, la capacité à absorber des flux plus volatils et la montée en gamme des prestations.
Les transporteurs routiers, les affréteurs, les logisticiens portuaires, les commissionnaires et les acteurs de l’entreposage ont ici un sujet commun : la valeur se déplacera de plus en plus vers la maîtrise des interfaces, la visibilité des flux, la flexibilité des réseaux et la capacité à traiter des opérations internationales plus dispersées géographiquement.
Le rapport DHL 2026 ne décrit donc pas une fin de la mondialisation, mais une phase de réajustement. Pour la France, ce mouvement reste plutôt favorable. Encore faut-il convertir cet atout de connectivité en performance logistique durable dans un environnement où les flux continuent de circuler, mais sous davantage de contraintes politiques, industrielles et capacitaires.
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