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Iveco S-Way 500 xCursor 13 : un Grand Défi Consommation dans la tempête

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Il y a des tests qui marquent plus que d’autres. Non pas par leurs chiffres, mais par ce qu’ils révèlent quand rien ne se passe comme prévu.
Pour ce nouvel épisode du Grand Défi Consommation, le tout nouveau Iveco S-Way 500 ch, équipé du moteur xCursor 13, n’a pas été accueilli par des conditions idéales. Bien au contraire.

Dès les premières heures de la journée, la météo donne le ton. La tempête Benjamin balaie la Normandie et la Bretagne avec des rafales de vent dépassant localement les 100 km/h, accompagnées de pluies battantes. Autant dire que rien n’est réuni pour signer un score de référence. Mais c’est précisément dans ces conditions difficiles que l’on mesure le comportement réel d’un camion.

Car au-delà des chiffres, ce Grand Défi reste avant tout une épreuve de terrain, menée sur notre parcours habituel de 344 km entre Caen et Rennes, avec une remorque chargée à 29,780 tonnes, non carénée, et une règle immuable : observer comment le véhicule réagit. Et sur ce point, le S-Way nouvelle génération avait des arguments à faire valoir.

Un test en quatre actes, entre maîtrise humaine, imprévus et intelligence embarquée

Le scénario de ce Grand Défi Consommation est désormais bien rodé. Le parcours est découpé en quatre étapes bien distinctes, pensées pour confronter le camion à des situations variées.

À l’aller, sur les deux premières sections, notre pilote Jean-François garde la main complète sur le véhicule.
La première étape relie Caen à l’aire du Mont-Saint-Michel par l’A84, la seconde se prolonge jusqu’à la sortie de Thorigné-Fouillard. Aucun régulateur de vitesse n’est utilisé : chaque accélération, chaque maintien de rapport et chaque anticipation sont décidés par le conducteur, déjà fortement sollicité par la pluie battante et les rafales de vent.

Comme si la tempête Benjamin ne suffisait pas, le parcours est également perturbé par des travaux du côté d’Avranches, qui viennent densifier le trafic et casser les rythmes habituels. Et au moment d’aborder la transition entre l’aller et le retour, un nouvel imprévu s’invite dans le scénario : la sortie de Thorigné-Fouillard est fermée. Résultat, une déviation imposée qui rallonge le circuit d’environ 10 kilomètres supplémentaires, venant encore compliquer l’exercice et alourdir un test déjà mis à rude épreuve.

Au retour, changement de philosophie. Sur les deux dernières étapes, de Thorigné-Fouillard à Guilberville, puis de Guilberville à Caen, c’est désormais le véhicule qui agit de lui-même sur sa chaîne cinématique. Le régulateur prédictif prend le relais, laissant le moteur, la boîte, l’Eco Roll et le ralentisseur gérer automatiquement la vitesse et les reliefs, dans des conditions toujours difficiles.

Côté météo, si la pluie commence à s’atténuer après Thorigné-Fouillard, le vent, lui, ne faiblit pas. Les rafales continuent de chahuter le convoi jusqu’au terme du parcours, rappelant à chaque instant que ce Grand Défi s’est joué dans des conditions tout sauf favorables.

Un S-Way profondément renouvelé

Présentée en 2024, la nouvelle cabine du S-Way marque une rupture nette avec l’ancienne génération, même si l’architecture est identique. Iveco a clairement changé de philosophie, en misant sur un poste de conduite entièrement digitalisé, plus ergonomique et plus moderne.

« Tout est digital maintenant, c’est agréable en termes de visibilité. Les couleurs sont sobres, l’ergonomie est simple, efficace et plutôt esthétique », souligne Jean-François, pilote du test.

La planche de bord a été redessinée, les écrans sont plus lisibles et mieux intégrés, et la navigation dans les menus se fait sans complexité. Le volant multifonction concentre l’essentiel des commandes, avec une particularité propre à Iveco : le bouton Start directement intégré au volant.

« Tu prends le volant, tu appuies avec le pouce, pied sur le frein, ça démarre. C’est simple, efficace, et typiquement Iveco », résume Jean-François.

Autre évolution notable : la commande de boîte de vitesses, désormais via un commodo au volant, qui remplace les anciens interrupteurs de console. Un choix plus moderne et plus intuitif, permettant de gérer à la fois les modes de conduite (Eco, Standard, Performance) et le ralentisseur.

Poste de conduite IVECO S-WAY 500

Confort et vie à bord : une vraie cabine de long-courrier

Testé ici en version AS, la plus grande cabine du catalogue Iveco, le S-Way confirme sa vocation long-courrier. L’espace est généreux, les rangements nombreux, et la couchette offre un confort appréciable, avec un matelas large et de bonne épaisseur.

« C’est une cabine adaptée pour partir à la semaine. Nous avons du volume, du rangement, une vraie sensation d’espace », constate Jean-François.

Les sièges chauffants et ventilés, le chauffage autonome, la tablette côté passager avec prise USB, ainsi que la possibilité de connecter deux téléphones en Bluetooth (pro et perso) renforcent l’aspect pratique au quotidien.

Sur la qualité perçue, le jugement est plus nuancé :

« Les coloris et l’ambiance sont sympas, mais certains plastiques pourraient être plus qualitatifs. », nuance Jean-François.

Un point perfectible, mais qui n’entache pas la nette montée en gamme par rapport à l’ancienne génération.

Visibilité et sécurité : les rétro-caméras passent l’épreuve de la tempête

Grande nouveauté chez Iveco pour notre LGDC : l’arrivée des rétroviseurs caméras. Et dans des conditions météo exécrables, leur efficacité a été mise à rude épreuve… avec succès.

« De nuit, sous la pluie et le vent, nous avons toujours eu une visibilité claire. Pas d’effet gouttes d’eau sur les lentilles, c’est très convaincant », souligne Jean-François.

Les écrans affichent lignes de guidage, repères de distance et alertes de sécurité liées aux normes GSR2. Les aides à la conduite s’intègrent discrètement dans l’environnement, avec des alertes visuelles cohérentes, à la fois sur les écrans des caméras et sur le tableau de bord. Détection des véhicules en approche, surveillance des angles morts, assistance au maintien de voie : rien de spectaculaire, mais une présence rassurante, surtout quand le vent pousse latéralement le convoi. Un dispositif sécurisant, surtout quand le regard doit sans cesse alterner entre la route, les caméras et les écrans, dans un contexte de tempête.

xCursor 13 : le nouveau cœur du S-Way

C’est pourtant sous la cabine que se cache la véritable nouveauté de ce S-Way millésime 2025. Avec le xCursor 13, développé par FPT Industrial, Iveco opère une rupture stratégique majeure. Ce moteur de 12,9 litres n’est pas seulement une évolution de l’existant, mais bien une nouvelle base technique pensée pour accompagner la marque sur le long terme, quelle que soit l’énergie retenue demain. Diesel aujourd’hui, compatible Euro 6e et déjà prêt pour les futures normes Euro 7, ce bloc a également été conçu pour évoluer avec le gaz et, à terme, l’hydrogène.
Dans cette configuration, il développe 500 ch et surtout 2 600 Nm de couple, disponibles très tôt, dès 850 tr/min et jusqu’à environ 1 100 tr/min.

« Les 2 600 Nm, ils sont vraiment là. Et surtout, ils arrivent très bas. On peut rouler longtemps à 800–850 tours sans que le camion s’essouffle, c’est assez impressionnant », confirme Jean-François au volant.

Une plage d’utilisation large et basse, qui prend tout son sens sur notre parcours et face au choix audacieux d’un rapport de pont long de 2,17. Sur la route, la promesse n’est pas qu’un chiffre sur une fiche technique. Le moteur accepte de descendre très bas dans les tours sans jamais ou presque, donner l’impression de trop subir, même lorsque le vent de face et la pluie viennent perturber la progression du convoi. Nous sommes en pleine tempête, rappelons-le !

« Honnêtement, avec un pont de 2,17 sur l’A84, je n’y croyais pas trop au départ », reconnaît Jean-François. Et pourtant…

Cette disponibilité du couple repose sur une conception profondément revue. L’injection fonctionne désormais à 2 500 bars, favorisant une combustion plus fine et plus homogène, tandis que le nouveau turbo à géométrie variable contribue à maintenir la pression dès les plus bas régimes. Le vilebrequin allégé participe à la réduction des masses en mouvement, améliorant la réactivité globale du moteur. Iveco a également fait le choix assumé de ne pas utiliser la technologie EGR, confiant l’ensemble du traitement des émissions au système SCR. Une architecture qui vise à optimiser le rendement thermique, à limiter les pertes internes et à contenir la consommation sur la durée.

Une chaîne cinématique ambitieuse… et surprenante

Associé à la boîte ZF Traxon 2 (Hi-Tronix) à 12 rapports, le moteur xCursor 13 est ici couplé à un rapport de pont extrêmement long : 2,17. Un choix audacieux, qui a suscité quelques doutes au départ.

« Honnêtement, avec un pont de 2,17 sur l’A84, je n’y croyais pas trop au départ », reconnaît Jean-François.
« Et pourtant… À la sortie de Caen, il est resté dans la montée en 12e jusqu’à moins de 70 km/h, à 800–850 tr/min. Là où d’autres auraient déjà rétrogradé. Les 2 600 Nm, ils sont bien là, et ils sont vraiment exploitables », confirme Jean-François.

Sur le terrain, ces choix techniques se traduisent par un moteur étonnamment souple, capable de rester dans sa plage rationnelle même lorsque la topographie se complique. 

Dans les montées de Pont-Farcy, référence bien connue du LGDC, le camion a limité la perte de vitesse à 1 ou 2 km/h. Face aux rafales de vent, la chaîne cinématique reste cohérente, fluide, on note que quelques rétrogradages se font sentir dans certaines situations.

« Même quand la boîte l’emmène dans ses retranchements, le moteur ne décroche pas. Il travaille bas, mais il reste propre, fluide, sans vibration excessive », ajoute le conducteur. 

Cette nouvelle génération affiche également une ambition claire en matière de longévité. Iveco annonce une durabilité pouvant atteindre 1,6 million de kilomètres, un chiffre qui traduit la confiance portée à cette architecture. Une promesse qui, dans le cadre de ce Grand Défi pourtant marqué par la tempête Benjamin, trouve déjà un début de confirmation dans le comportement du moteur. 

EcoRoll, prédictif et frein moteur HPEB : un trio efficace

La gestion du régulateur de vitesse, de l’Eco Roll et du frein moteur s’effectue avec une grande fluidité, malgré un vent toujours bien présent.

Au retour, quand le camion prend la main, une fois le régulateur prédictif activé, le S-Way dévoile une autre facette de sa personnalité. 

Le système Hi-Cruise prédictif, couplé au GPS, gère finement les rapports, l’inertie et les phases de roue libre. L’EcoRoll est facilement exploitable, y compris à l’initiative du conducteur.

« C’est l’un des véhicules où l’EcoRoll est le plus simple à aller chercher, même avec une boîte ZF », souligne Jean-François.

HPEB : quand le frein moteur devient un allié central

Dans les descentes, un autre acteur entre en scène : le HPEB – High Performance Engine Brake. Ici, pas d’intarder hydraulique. Iveco a fait le choix d’un frein moteur haute performance intégré au moteur, capable de délivrer jusqu’à 530 kW de puissance de freinage à haut régime.

Sur le terrain, le ressenti est immédiat. Le camion se retient avec autorité, sans délai, même avec un rapport de pont aussi long.

« À 1 500 tours, on est déjà autour de 400 kW, et à 2 000–2 300 tours, on dépasse les 500 kW. Honnêtement, pour de la longue distance en 44 tonnes, ça fait largement le travail », explique Jean-François.

La première vraie démonstration intervient dans la grande descente de Pont-Farcy. Au moment où le terrain bascule, le conducteur laisse filer le véhicule pour exploiter l’inertie. Immédiatement, la gestion automatique opère un choix qui ne doit rien au hasard. Plutôt que de rester en 12ᵉ, le S-Way sélectionne le 11ᵉ puis le 10e rapport, tout en activant progressivement son ralentisseur, une décision qui permet de conserver un régime légèrement plus élevé et de garder de la retenue disponible et sans toucher aux freins de service. 

Le camion anticipe les reliefs, exploite l’inertie dès que possible et maintient une vitesse commerciale cohérente. 

Dans ces conditions, le HPEB devient un véritable outil de confort et de sécurité, réduisant le recours aux freins de service, tout en s’intégrant parfaitement à la logique prédictive du véhicule.

infographie 3. Résultats Test consommation : Iveco S-Way 500 xCursor 13 sur 344 km Caen-Rennes

Un bilan forcément biaisé… mais révélateur

Avec une consommation moyenne de 31,4 l/100 km, ce S-Way ne prétendra pas au sommet du classement. Mais ce chiffre doit être lu à la lumière du contexte : tempête, vent de face ou latéral constant, pluies soutenues, travaux, déviation de plus de 10 km sur le parcours.

« Tout était réuni pour plomber les résultats. Et pourtant, le camion ne démérite pas du tout. Dans de bonnes conditions, je suis convaincu qu’il aurait pu aller chercher les premières places », estime Jean-François.

L’AdBlue reste contenu à 2,6 l/100 km, tandis que la vitesse commerciale de 75,8 km/h demeure tout à fait honorable au vu des circonstances.

Un S-Way qui sort grandi de l’épreuve

Ce Grand Défi Consommation restera sans doute dans nos mémoires, comme l’un des plus difficiles jamais réalisés par Truckeditions. Tempête, vent violent, pluie, travaux, déviation : rien n’a été épargné à ce nouvel Iveco S-Way XC13 500 ch.

Et pourtant, le constat est clair. Malgré des résultats chiffrés perturbés, le comportement du véhicule est très positif. La direction reste précise, la chaîne cinématique se montre équilibrée, le moteur étonnamment souple, le frein moteur redoutablement efficace, et la nouvelle cabine marque une vraie montée en gamme pour Iveco.

Un test compliqué, certes. Mais une démonstration convaincante du potentiel de cette nouvelle génération de S-Way, qui mérite d’être revue dans des conditions plus clémentes… pour, peut-être, révéler tout son potentiel chiffré.

Vincent MAHE pour Truckeditions

🎬 Crédit : réalisation du reportage vidéo Truckeditions : Vincent MAHE – Pilote d’essais Le Grand Défi Consommation : Jean-François MARIE – Directrice de production : Catherine MAHE GODELOUP – Musique Motion Array : AleksandrKrivtsun_ScratchesOnTheDanceFloor / MA_Korshun_Good To Go_Loop. – Production exécutive : Videomakersolutions pour Truckeditions©2025.

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