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Mon Job, c’est conducteur routier !

My Job My Truck : conducteur routier de camion-benne TP – Flavio Escudé



C’est dans la région Rhône-Alpes que nous vous invitons à découvrir Flavio Escudé, le premier professionnel à partager avec nous une de ses journées de travail.

Cette Web-série Truckeditions, intitulée My Job My Truck, a pour objectif de mettre en lumière les conducteurs routiers, et pour ce faire, va à leur rencontre avec le soutien de Volvo Trucks France qui s’est prêté au jeu, afin de découvrir leur vie de conducteurs et de conductrices à travers leur quotidien, leur métier et leur camion.

Mais revenons à notre rendez-vous matinal avec Flavio, nous nous sommes donc retrouvés au pied de son camion-benne, en tout début de journée, à 5h30, sur le site des Transports Bonnand à Saint-Pierre-de-Chandieu, où Flavio est conducteur routier de camion-benne TP depuis 3 années.

Nous avons débuté avec l’incontournable inspection du matin en faisant le tour du véhicule afin de vérifier que tout était en ordre de marche pour travailler en toute sécurité entres autres, au niveau de l’attelage et des pneumatiques.

Flavio : « 5h45, faut y aller ! »
Ainsi, nous étions prêts pour suivre Flavio dans sa mission du jour : une journée rythmée par plusieurs allers-retours entre le site de chargement, la société Carrières du Bassin Rhônalpin et la cimenterie SEBM. 

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Flavio : « J’ai décidé de faire carrière dans le transport routier ! »

A 23 ans, Flavio est un jeune conducteur routier passionné, posé et décidé et pour cause, il a choisi, après le lycée pro où il a passé un CAP, il y a cinq ans, d’entrer directement dans la vie active afin de très vite expérimenter différents métiers de conducteur routier. De la messagerie classique en passant par le frigorifique et bien d’autres, il a pu affiner son choix. Et comme il nous le confie dans ce premier épisode de My Job My Truck, il a eu son coup de cœur à bord d’un camion-benne TP de 44 tonnes et c’est en réalité, tout un univers qu’il a adopté.

Flavio : « je charge du 11/22 ! »

Dans ses missions quotidiennes, Flavio est amené à transporter plusieurs types de granulats, du sable, du caillou ou encore parfois du déblai ou d’autres types de granulats destinés aux clients qui les commandent. Pendant notre journée commune, Flavio a véhiculé du sable et du caillou (calibres 4-11 et 12-22) du lieu d’extraction, la carrière, à la centrale à béton, lieu de fabrication du béton.

Les tournées effectuées dans ce métier sont en moyenne en France de 32 km, simplement parce que, par souci pratique et rationnel, les carrières sont souvent, quand cela est possible, à proximité des lieux de fabrication, d’aménagement et de construction, les circuits courts et la proximité sont donc privilégiés par les entreprises, pour une productivité optimisée et une démarche durable présente aussi dans ce domaine, ceci explique pourquoi les conducteurs de camion-benne TP évoluent plutôt sur un territoire régional en moyenne distance, et c’est à n’en pas douter aussi un critère de choix quand on se lance dans cette carrière :) 

Mon Qrz, c’est Le Kraken !

Pour continuer à justifier son coup de cœur, Flavio nous explique que, selon lui, son domaine professionnel est un des seuls où règne encore cet esprit de routier, d’entraide, dont on parle parfois au passé. Il nous décrit un monde à part, avec un relationnel fort, toujours relié par les ondes avec la légendaire Cibi* qui a eu ses belles heures dans les années 80, et dont le digital et les différents réseaux sociaux et autres applications ont pris la place :

« Si demain je suis bloqué, embourbé sur un chantier, je peux faire un appel et puis en général, il y a toujours quelqu’un qui vient m’aider, c’est une grande famille !
Il y a une sorte de cohésion dans le milieu qui donne envie de se lever le matin, si on a un pépin, on sait qu’il y aura toujours quelqu’un pour venir nous aider, alors que si on était dans autre domaine, ça se passerait peut-être différemment. »

Flavio : « on ne rigole pas avec la sécurité ! »

Conduire un véhicule poids-lourd de plus de 44 tonnes sur route, sur chantier, en carrière ou en sablière, ça ne s’improvise pas, cela nécessite d’être prudent et de savoir travailler en bonne intelligence avec les autres conducteurs d’engins sur les sites d’extraction, où il y a des règles bien définies.
Décharger du matériel, des matériaux ou des produits destinés aux chantiers ou provenant de ceux-ci (gravats, déchets) fait aussi partie des compétences requises.
Paré des inévitables et nécessaires EPI**, pour être visible et protégé, Flavio suit un protocole bien rodé qui consiste avant toute action à faire peser son camion, afin de pouvoir connaître ensuite le poids de la marchandise chargée, et passe ensuite au site de chargement, où sa benne se remplie à coup de godets de chargeuse.

Flavio passe pas mal de temps dans sa cabine, c’est son poste de contrôle et son bureau.
Le fait de rester au poste de conduite est nécessaire pendant les chargements-déchargements tout simplement pour suivre les manœuvres et également pour des raisons de sécurité inhérentes à la présence d’autres engins et aux déplacements de tonnages imposants, les règles et les protocoles sur les sites d’extraction étant très réglementés.
Il faut être calme et patient pour ce type de mission. Le chargement fait, le camion passe ensuite sur le décrotteur pour « nettoyer » les roues, c’est vital pour éviter de salir le réseau routier et déposer de la terre qui, avec la pluie, peut générer des surfaces glissantes et donc dangereuses.

Flavio aime également, le contact avec ses différents clients, il a une approche conviviale et il faut avouer que cela facilite le travail :) Après quelques dizaines de kilomètres, nous sommes déjà arrivés sur le lieu de déchargement effectué sur une trémie, et c’est à ce moment que nous évoquons l’autre protagoniste de la journée : le camion.

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Flavio : « Moi je conduis un Volvo GNL avec une benne à l’arrière »

Flavio conduit un Volvo FM de 460 chevaux, un tracteur fonctionnant au gaz naturel liquéfié.
Son ensemble routier de 5 essieux dont un relevable est très pratique pour transporter de lourdes charges dans un sens et revenir à vide.

Cette version GNL possède une capacité de charge utile augmentée avec 700 kg complémentaires, et peut donc charger jusqu’à 44 tonnes 700 kg sans soucis sur terrains difficiles. Les camions Volvo Trucks GNL utilisent une technologie particulière qui associe gazole et gaz liquéfié, Flavio nous confirme ne pas sentir de différence dans sa conduite avec ce type de véhicule en comparaison avec un camion à motorisation thermique.
Le petit plus pour lui, qui passe sa journée au volant, ce sont les décibels en moins et des fins de journée apaisées.

Flavio : « c’est moins cher et c’est moins polluant. »

L’avitaillement du camion s’est fait en fin de journée et nous avons pu revoir avec Flavio la marche à suivre pour un remplissage des cuves en sécurité, d’abord il faut être couvert de la tête aux pieds, avoir une bonne paire de gants et une visière, ensuite c’est simple, une fois la mise à la terre branchée pour éliminer l’électricité statique, il suffit de connecter et de verrouiller le tuyau au réservoir.
Le point important à garder en tête est la température négative du gaz liquéfié de -160° C, qui peut provoquer de graves brûlures des tissus si on n’est pas prudent, les fumées qui se dégagent autour ne sont que du givre de condensation, de plus le GNL n’est pas corrosif, ses abords restent donc plus propres.

Conducteur-routier : un métier « full technologies » qui bouge !

Les manœuvres sont nombreuses sur le terrain et travailler avec une motorisation puissante et ses outils complémentaires adaptés est nécessaire, il faut être précis et savoir utiliser au bon moment les aides à la conduite que propose le FM 460.

Flavio nous avoue sur la route entre deux chargements, apprécier la technologie embarquée des nouvelles générations de camions : « Aujourd’hui, c’est tout automatisé » et d’ajouter « En fait, l’avantage de tout ça, c’est que c’est de moins en moins dur physiquement en tout cas.
On s’en rend compte quand on en parle avec les anciens, qui ont 20 ou 30 ans de route derrière eux, le métier n’a plus rien à voir aujourd’hui, c’est vraiment plus facile, même si ça reste dur, il faut dire qu’on fait pas mal d’heures, mais ça reste un beau métier :) 

Plus ça va aller et plus on va être aidé technologiquement, moi plus tard, je pense vraiment que les camions seront assistés de plus en plus. J’imagine la conduite autonome, je pense qu’on va aller vers cela et puis vers les camions électriques. »

Après cette belle journée d’échange, on peut dire que ce qui plait à Flavio dans ce métier peut séduire encore beaucoup de personnes. Alors si vous aimez les paysages où règne en maître le minéral, la vie au grand air, le contact et l’entraide.

Si bouger et se réaliser en accomplissant des missions techniques, identiques et en même temps toujours différentes, est important pour vous, vous aussi, faites carrière dans le TP, vous y trouverez tout ce que vous souhaitez avec ce métier authentique.

Merci Flavio pour ce beau partage dans My Job My Truck ;)

Catherine Godeloup Mahé pour Truckeditions 2021 © – Web-série My Job My Truck Ep 1


Le topo My Job My Truck : les granulats en France

Pour commencer, on peut noter que les Granulats, ressource naturelle et matière première par excellence, sont le premier maillon de la filière de la construction et des travaux publics.

En France, le secteur de la construction et des travaux publics français nécessite la production de 400 millions de tonnes de granulats par an, dont 270 millions sont extraits de carrières locales, pour 123 millions issus du recyclage et de la valorisation et 7 millions du milieu marin.

Indifféremment, ils peuvent être utilisés bruts pour la construction, les routes et le balast (chemin de fer etc), les granulats servent beaucoup à la fabrication d’autres matériaux pour la construction, tels que le béton, les enrobés routiers ou les mortiers.

Les granulats représentent à eux seuls 20 % des tonnages transportés par la route, par contre en tonnes-kilomètre (TK), ils ne représentent plus que 8% des marchandises véhiculées par route en France, cela est dû à la politique de proximité des lieux de transformation par rapport aux lieux d’extraction qui restent en général dans des périmètres régionaux.
Tout comme dans le domaine de la distribution, les entreprises de la construction qui font appel au transport par route tendent à diminuer leurs émissions de GES, d’où l’émergence aussi de nouvelles motorisations plus propres dans ce domaine, ces exigences environnementales sont tout aussi fortes en approche-chantier (ex : Grand-Paris Express etc).

*La CB (cibi : nomination francisée) ou citizen-band (bande du citoyen) : réseau social de la route avant le règne du digital, est une fréquence HF comportant quarante canaux banalisés, ouverte à tous réglementée.
**EPI : équipement de protection individuelle (ici, pour l’avitaillement gaz : visière, veste, gants. Également chaussures de sécurité obligatoires, casque et gilet de sécurité dans le cas de Flavio pour travailler sur les chantiers et autres sites sur lesquels il se déplace quotidiennement)

Intervenants dans ce reportage video Truckeditions.com – Episode 1 My Job My Truck : Flavio Escudé, Conducteur routier camion-benne TP – Transports Bonnand, Vincent Mahé -Truckeditions.

Réalisation Vincent Mahé – Images additionnelles Mickaël Nivet – Directrice de production Catherine Mahé Godeloup - Production exécutive Lampyris Production - Musique Motion Array Life is a rollin train I wanna dance Someone else - Truckeditions 2021 ©

Vous souhaitez plus d’infos sur le Volvo FM


Retrouvez notre programme original MY JOB MY TRUCK avec Spéphane Jouan qui nous parle de son métier de conducteur routier de camion benne à fond mouvant.

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Mon Job, c’est conducteur routier référent et formateur !

My Job My Truck : conducteur de camion électrique dans le BTP – Thierry Coudoux

On a trop tendance à penser que le métier de conducteur routier ne consiste qu’à véhiculer des marchandises d’un point à un autre, c’est évidemment plus compliqué et plus riche que cela, le transport est intimement lié à toutes les activités du commerce, de l’industrie, de la construction et de tant d’autres domaines, ce qui implique des connaissances métiers différentes pour chaque type de transport, ici nous serons précisément en approche chantier avec un porteur électrique pour le domaine du BTP, et surtout avec un conducteur au profil très particulier, pour qui le partage est une seconde nature.

Dans ce 4ème volet de la série My Job My Truck, toujours en partenariat avec Volvo Trucks France, c’est en région parisienne que nous avons rencontré Thierry Coudoux, conducteur référent et formateur pour le Groupe MAUFFREY.

Le point de ralliement pour accompagner Thierry, pendant cette journée, a été fixé directement à la base matériel de Bouygues Construction Matériel située à Chilly Mazarin, où il a commencé sa journée par expliquer à une collègue, Christina, la mise en charge de son porteur électrique. Une fois le chargement de matériels effectué et tous les éléments bien fixés au plateau, nous l’avons suivi à bord de son véhicule silencieux sur les routes d’Île-de-France.

Mon Job, c’est de transporter des céréales en vrac !

My Job My Truck : conducteur routier de camion avec benne céréalière - Stéphane Clément

Et si, dans l’absolu, nous savions tous, dès l’enfance, quel métier nous allions faire ? Vous allez nous répondre qu’à l’heure actuelle, ça n’arrive plus à personne, et bien nous vous démontrons que vous vous trompez, il y a encore des professionnels qui suivent un parcours mûrement réfléchi, guidé par la passion, et vous ne serez pas surpris si on vous parle de passion du camion :)

Aussi, c’est à l’occasion du 3ème épisode de My Job My Truck, toujours en partenariat avec Volvo Trucks France, que nous avons rencontré un de ces chanceux en la personne de Stéphane Clément, jeune conducteur routier de 36 ans qui sillonne les routes de France et de nos pays frontaliers depuis déjà 18 années.

Nous nous sommes donc retrouvés sur le site des Transports Piron, spécialistes du transport routier de vrac et de céréales, à St Méen-le-Grand (35), où Stéphane nous a accueilli dans son beau camion couleur soleil, pour une journée de missions en régional.
D’entrée de jeu, nous avons commencé avec une livraison de blé à une des nombreuses coopératives de la région, précisément à Montauban de Bretagne.

Tout en enfilant ses EPI, afin de monter sur l’échelle de la benne pour enrouler la bâche amovible de protection, il nous raconte ses premiers pas dans le transport après son entrée au lycée professionnel à 16 ans et l’obtention de son CAP et de son BEP.
Avec ses permis et sa FIMO en poche, enfin majeur, il transporte du meuble pendant trois années pour les Transports Guisnel, et est très vite embauché par M. Piron pour finalement transporter principalement des céréales et voici déjà 15 années qu’il travaille dans l’entreprise.