
Scania et ses châssis modulables séduisent de plus en plus les sapeurs-pompiers. Après le Nord, les départements de l’Est puis de la grande couronne parisienne affichent le Griffon sur leurs calandres.
Construire des véhicules fiables et à toute épreuve, c’est un savoir-faire Scania de tout temps. Rien de plus normal, donc, que la marque fournisse aussi le marché des véhicules d’incendie.
Et si, en effet, en Suède, Scania détient une part de marché de 95 % dans l’équipement en véhicules des casernes de pompiers, il n’en est pas de même en France. Un challenge qu’a commencé à relever Scania France grâce à son réseau de distribution, en initiant la démarche il y a déjà une dizaine d’années avec le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Nord.
Pour Pascal Crestin, responsable produit chez Scania France, qui a oeuvré très tôt pour les véhicules incendie : « Le but est de soutenir les vendeurs du réseau et entretenir la relation avec les carrossiers ».
Car c’est avant tout de carrosserie dont il est question pour les sapeurs-pompiers. Imaginez que le camion de pompier, et cela depuis la traction hippomobile, a toujours été une fabuleuse caisse à outils permettant d’acheminer, sur le lieu d’un sinistre, hommes et matériel.

Si le véhicule proprement dit a eu de l’importance jusqu’aux années 1940, rapidement, les soldats du feu se sont focalisés sur l’équipement incendie proposé par le carrossier, délaissant la partie châssis proposée par ce dernier, véritable maître d’oeuvre.
Cela s’explique notamment par le fait que la profession de sapeurs-pompiers est devenue de plus en plus complexe, tant sur le plan des techniques de lutte contre le feu, que dans la technologie à proprement parler. Ils ont donc dû, dans un premier temps, devenir des techniciens du risque avant tout.
Les choses évoluant, on voit maintenant, à la tête des groupements techniques des Sdis, de véritables profils spécialisés, qui ont des exigences précises en termes de châssis, de moteur, de transmission et de transport de charge.
En effet, il faut savoir que pour acheter un véhicule d’incendie dont le besoin est dicté par le schéma départemental d’analyse des risques, élaboré par les sapeurs-pompiers eux-mêmes et validé par le préfet du département, un cahier des charges est élaboré et ce dernier va devenir l’âme d’un appel d’offres.
La partie incendie et la partie châssis seront incluses mais, comme le précise Pascal Crestin : « Nous pouvons avoir à répondre à un appel d’offres qui impose un moteur de 360 ch, sans que soit évoqué le couple moteur.
Dans ce cas, on répondra par exemple avec notre moteur de 6 cylindres de 13 litres de cylindrée qui développe 360 ch, mais ce sera démesuré. Les moteurs 9 litres de 230 ou de 280 ch suffi sent souvent largement pour les applications en question. Notre mission est de collaborer avec les pompiers et les carrossiers, bien en amont de l’appel d’offres, pour mieux définir le besoin et réaliser le produit idéal. »
Les carrossiers restent le point d’entrée de ce marché particulier et, pour Pascal Lebourdais, conseiller des ventes Scania Île-de-France, c’est par le biais de Metz (constructeur d’échelles et de bras élévateurs appartenant désormais au groupe autrichien Rosenbauer) et de Bronto Skylift (constructeur fi nlandais de bras élévateurs) que, suite à un appel d’offres commun de plusieurs services d’incendie, des Scania « rouges pompier » roulent en région parisienne.
« Nous avons travaillé en partenariat avec les carrossiers, explique Pascal Lebourdais, qui ont proposé du Scania aux Sdis des Yvelines, du Val d’Oise et à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Ce travail commun sur des P 320 DB4x2 avec cabines CP14 de trois places équipés de la boîte Opticruise, nous a fait réaliser des véhicules très spécifiques. Les pompiers savent aujourd’hui ce que représente Scania dans le monde du poids lourd et ils fonctionnent par réseau, comme nous. Je me suis appuyé sur mes collègues du Nord et d’Alsace pour mener à bien ce long travail. »
L’essai est transformé, d’autres véhicules spéciaux sont déjà en commande, mais le travail collaboratif entre spécialistes du camion, carrossiers et hommes du feu, doit être constant.
Source : 18 SCANIA MAG • No 18/2011 www.scania.fr Texte : Carlo Zaglia / Photos : P. Burner, J. Pichot, C. Zag
Les sapeurs-pompiers en France Pour la population, les pompiers sont devenus le moyen le plus fi able pour répondre effi cacement à l’urgence. En France, ils sont 242 000, dont près de 200 000 volontaires, c’est-à-dire des gens dont ce n’est pas l’activité ni le métier premier. Près de 30 000 sapeurs-pompiers sont des « professionnels », agents des collectivités territoriales, et quelque 12 000 sont des pompiers militaires, dont la BSPP (cf. encadré), le Bataillon des marins-pompiers de Marseille, les Formations militaires de la Sécurité civile, et les pompiers de l’air, qui défendent les bases de l’Armée de l’air. LA BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS DE PARIS, UN CAS À PART ! Grande unité militaire, la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) est un cas à part à plusieurs titres. C’est d’une part le plus grand corps de sapeurs-pompiers de France, qui défend quatre départements, alors que dans le reste de l’Hexagone, ce sont des collectivités territoriales au niveau d’un seul département. Avec près de 8 000 soldats du feu, la BSPP est le troisième plus grand corps au monde, derrière Tokyo et New York et devant Londres qui affiche quelque 7 000 pompiers.
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