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Les moteurs diesel Volvo se mettent au gaz

Quels carburants remplaceront à l’avenir le pétrole ? Nul ne le sait encore... Mais si les constructeurs veulent être en mesure de proposer des véhicules qui répondent aux attentes du marché de demain, c’est aujourd’hui qu’ils doivent prendre des décisions stratégiques. Volvo Trucks investit actuellement dans une solution financièrement durable, qui pourrait faire office de passerelle entre carburants fossiles et carburants renouvelables : des moteurs diesel qui fonctionnent au méthane.

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« Nous avons choisi une voie qui conjugue le rendement supérieur du moteur diesel et les avantages du gaz. L’efficacité énergétique est ainsi nettement meilleure que sur un camion à gaz conventionnel », indique Mats Franzén, directeur stratégie et planification moteurs chez Volvo Trucks.

Cette démarche innovante ne peut que susciter l’intérêt de l’industrie du transport, où les poids lourds qui roulent actuellement au gaz possèdent un moteur à combustion interne spécialement adapté et doté de bougies.

Selon Mats Franzén, la décision prise par Volvo Trucks de modifier légèrement ses moteurs diesel éprouvés relève d’une logique simple : « Le rendement d’un moteur diesel surclasse de 30 à 40 % celui d’un moteur à essence ordinaire à bougies ou d’un moteur à combustion interne. Quel que soit le carburant utilisé par ces moteurs, le rendement énergétique d’un diesel les dépasse toujours de loin. Voilà pourquoi tous les poids lourds possèdent ce type de motorisation. »

Exemple : un camion équipé d’un moteur à combustion interne au gaz et de réservoirs de méthane comprimé peut parcourir 150 à 200 km sans refaire le plein. A quantité équivalente de gaz, l’autonomie est deux fois supérieure sur un camion à moteur diesel au méthane !

Volvo Trucks compte faire fonctionner ses camions avec un mélange de 80 % de méthane et 20 % de gazole dans un premier temps, puis d’augmenter par la suite la proportion de gaz.

On obtient un rendement optimal en refroidissant le méthane à – 160 °C. A cette température, le gaz passe à l’état liquide, son volume diminue donc et l’on a deux fois plus de carburant. En utilisant ainsi du méthane liquide et en alimentant le moteur à 80 % de méthane et 20 % de diesel, il est désormais possible de parcourir 500 km environ sur un plein.

En clair, pour les transporteurs qui effectuent de longs trajets quotidiens et reviennent à la même station-service, la technologie méthane-diesel de Volvo Trucks représente d’ores et déjà une solution attrayante et compatible avec le respect de l’environnement.

« La technologie évolue sans cesse, reprend Mats Franzén. Très bientôt, nous serons capables de parcourir 1 000 km sur un plein de gaz liquide. »

Pour l’instant, la densité du réseau de pompes de ravitaillement en méthane liquide est encore irrégulière en Europe. Elles sont très nombreuses au Royaume-Uni tandis que certains pays, comme la Suède, n’en possèdent aucune. Mais des pompes vont être bientôt construites dans les trois plus grosses villes de Suède, en partie sous l’impulsion de Volvo Trucks qui collabore étroitement avec les fournisseurs de gaz dans ce pays.

« Nous sommes en pleine phase de transition, explique Lars Mårtensson, directeur en charge de l’environnement chez Volvo Trucks. Nous sommes en train de passer de décennies de dépendance au pétrole à une société basée sur les carburants renouvelables. »

« Dans cette période intermédiaire, les camions équipés d’un moteur au méthane-diesel possèdent un avantage évident : ils peuvent rouler uniquement au diesel, une solution commode et sûre lorsque les pompes à gaz sont rares et distantes. »

Le méthane se voit couramment reprocher d’être un gaz naturel, utilisé à défaut d’une production suffisante de biogaz – les critiques arguant que le remplacement d’un carburant fossile par un autre n’est pas une solution satisfaisante.

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« Le gaz naturel est une façon parmi d’autres de franchir cette période de transition, en attendant que la production de biogaz atteigne son plein développement. Bien sûr, nous préférerions que nos moteurs tournent au biodiesel et au biogaz car cela réduirait les émissions carbone de près de 80 %, comparativement à un moteur diesel traditionnel. » commente Lars Mårtensson.

Les essais de terrain de moteurs au méthane-diesel débuteront en Suède et au Royaume-Uni en 2010. Les clients potentiels manifestent un grand intérêt, notamment dans le secteur public qui applique déjà de stricts critères environnementaux en terme d’approvisionnement et constitue une force motrice clé du développement.

Et Mats Franzén de conclure : « L’association méthane-diesel que nous étudions permet d’exploiter tous les atouts du moteur diesel, et d’abaisser parallèlement les coûts et les émissions en employant le méthane comme source première d’énergie. »






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