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Expédition Cape to Cape... La suite

TALL GHAB-AQABA


ARTICLE : Anne JOLY nous raconte son CAPE TO CAPE...


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Suite de l’expédition en image...

10 AVRIL 2009
TALL GHAB-MER MORTE TALL GHAB-MER MORTE

13 avril, 20 heures. Il fait nuit sur Aqaba et les camions de l’expédition Cape to Cape rejoignent le port. Après 10 000 kilomètres avalés entre le Cap Nord et la Jordanie, ils s’apprêtent à être embarqués sur le bateau qui les acheminera à Djibouti.
De là, ils repartiront le 4 mai pour effectuer la dernière partie de leur périple qui les conduira au Cap de Bonne-Espérance où ils sont attendus début juillet.

De -420 à 1000 m d’altitude… Nous avons rejoint l’expédition il y a trois jours, au bord de la Mer Morte.
L’équipe arrivait de Syrie avec des souvenirs de Palmyre, d’Alep, du désert, plein la tête. Avec elle, nous prenons la route pour Petra samedi 11 avril à 9 heures. Il fait beau et chaud, déjà.
Dans un Sherpa, conduit par Jérôme, un spécialiste de l’analyse de la concurrence, en temps « ordinaires », nous quittons la route de la côte pour la montagne. Là des paysages verdoyants, des troupeaux de chèvres, du mimosa, des champs d’oliviers …
Nous faisons halte pour admirer le paysage . Le point de vue est époustouflant : on croit voir jusqu’au bout du monde… Nous sommes au début de la vallée du Rift. Nous redémarrons, après avoir laissé sur place un Sherpa victime d’une électronique en panique et cinq membres de l’expédition, traversons des villages où les camions suscitent une curiosité riante. Les enfants nous font signe. Sur la Route des Rois, nous passons au pied de la forteresse de Kerak construite au XIe siècle par les Croisés, imposante, avant de replonger vers les – 420 m d’altitude de la Mer Morte, nous qui avons frôlé les 1000 m d’altitude il y a peu.
Le paysage est de plus en plus pelé. Des vendeurs de tomates jalonnent le bord de la route.

Dunes. En fin d’après midi, nous bifurquons dans le désert. Il nous reste une quarantaine de kilomètres jusqu’à Petra. On dégonfle les pneus pour aborder nos premières dunes.
Les véhicules s’élancent doucement, du haut des monticules. Premières sensations fortes lors de la descente des dunes. On s’amuse bien : les Sherpa « dansent » sur le sable. Les Kerax tracent.

Bientôt, nous rejoignons une petite route qui grimpe dans les montagnes de Petra. La nuit tombe. Le paysage prend un relief irréel. Ce soir, la caravane fait une halte dans un camp de tentes. L’ambiance est chaleureuse. Feu de camp. Demain, réveil à 5h45 !

11 AVRIL 2009
MER MORTE-PETRA MER MORTE-PETRA
Petra. Il est 7 heures quand nous arrivons sur le site de Petra, citée troglodyte crée au VIIIe avant J.C, classée au patrimoine de l’Unesco. Malgré l’heure matinale, nous ne sommes pas seuls.
Nous nous engouffrons dans le Sîq, un couloir sinueux entre les roches érodées par l’eau et le vent. Soudain, le Khazneh, façade monumentale taillée et sculptée dans la roche. Vision saisissante. Nous poursuivons notre marche vers le monastère. ça grimpe mais ce que nous découvrons valait largement tous nos efforts. Petra, merveille du monde, a imprimé toutes les rétines. Petra nous a tous, peu ou prou, bouleversés.

12 AVRIL 2009
PETRA-WADI RUM PETRA-WADIRUM

Wadi Rum Nous reprenons la route. Direction : le Wadi Rum, un désert au sud de la Jordanie. Des pistes, d’abord, longeant une voie de chemin de fer. Parfois, le vent se lève et nous mangeons du sable. Premières dunes, premières roches incroyables : hautes, dévorées par le vent, elles se jouent des lumières du soleil couchant. Nous nous enfonçons dans le désert pour rejoindre Mouss, Jean-Marc et Seb qui ont installé le bivouac et Martin, toujours le premier sur les lieux, en éclaireur ! Nous plantons les tentes, à l’abri d’une falaise, dans un décor époustouflant. Ce soir, diner concocté par Mouss -délicieux (le diner, pas Mouss, quoi que...)- avalé sous les étoiles. La nuit est douce.

13 AVRIL 2009
WADI RUM-AQABA
WADIRUM-AQABA

Désert, suite et fin. Ouvrir sa tente, passer la tête, voir le ciel, le sable, la roche. Ne pas en croire ses yeux. Et pourtant... Et pourtant le bivouac s’éveille, le café est là, les croissants aussi. Le soleil ne tape pas encore mais il ne tardera pas.
Nous reprendrons la piste en milieu de matinée. Les conducteurs ont « mécaniqué ». Après le Sherpa qui a rejoint Aman parce que son électronique vacillait, c’est un autre de ces prototypes qui se montre récalcitrant, désormais. Rien de grave cependant : il repartira ce matin. On démarre fort, en confrontant les véhicules aux dunes.
Le Sherpa, « qui se conduit comme une voiture », dixit les conducteurs, franchit l’obstacle sans ciller. Les Kerax doivent trouver leur voie. Tout le monde passe et la caravane s’ébranle sous un soleil ardent.

Valérie Dans la cabine du Kerax, Valérie, seule femme conducteur sur l’étape, a pris le volant. Elle s’amuse comme une gosse. Hier, elle est un peu sortie des pistes, sous l’oeil avisé de Gérard Petraz, l’homme de la Route de la Soie, en 2005, ccordinateur technique et logistique sur Cape to Cape.
Avec lui, elle s’est piquée d’audace pour sortir (un peu) des pistes. Aujourd’hui, elle vit à fond ses dernières heures de conduites, ses dernières sensations sur le sable. Elle regarde partout, Valérie. Elle voudrait ne rien oublier de tout ce qu’elle voit.
Elle veut le faire partager à ses proches. « C’est un rêve, dit-elle. Les paysages sont fabuleux. Là, on joue avec les camions ». Et les camions ont parcouru ce jour là une pistes zigzaguant entre des roches sculptées par les éléments, déployant des palettes de couleurs ocres, roses, rouges, brunes... Grandiose ! Et puis, au loin : la route.
Valérie lâche dans un souffle : « ça y est, c’est fini ! ». Le désert est derrière nous. L’Aventure aussi. Quelques dizaines de kilomètres encore, et nous revenons à la « civilisation » : Aqaba,.

Aqaba...ses complexes touritiques, sa vue imprenable sur Eilat, juste en face. Là, Jordanie, Israël, Arabie Saoudite et Egypte se partagent le littoral de la Mer Rouge. Il faut désormais s’atteler à vider les véhicules. A les préparer au voyage en mer. Demain, l’avion décolle à 7h. On y pense sans en parler. Pour faire durer l’aventure encore, étirer le temps, rire encore ensemble. Parler un peu mécanique. Sortir du rêve doucement. Aqaba, 22 heures : les pilotes sont de retour à l’hôtel. Ils ont rendu les clés de leurs véhicules, Kerax et Sherpa. Ce soir, ils dîneront à la même table, entre eux. De quoi parleront-ils ? Le soleil fut si lourd. Mais l’aventure si belle...

Des camions... Trois Sherpa et trois Kerax se sont élancés du Cap Nord le 1er mars. Ils ont été rejoints par six autres Sherpa et Kerax début avril, à Istanbul. En circulation depuis 1998, le Kerax est un véhicule qui a, depuis largement fait ses preuves. Dans le désert, c’est le talent et l’expérience du conducteur qui font la différence lorsqu’il s’agit de grimper à l’assaut d’une dune et d’en redescendre !
< Pour les Sherpa, il en va tout autrement. Ce véhicule, déjà utilisé par l’armée française, écrit là le début d’une histoire. Il y a quelques mois, en effet, il n’existait pas dans cette version hyper designée qui lui donne des airs de Humer effronté. Carrosserie différente, électronique différente... : les 6 véhicules Sherpa prototypes réalisent, avec Cape to Cape, un panel d’essais grandeur nature.
Ça passe, le plus souvent. Ça coince parfois. Ça casse aussi. Aux réservoirs en alu ont été préférés, à l’usage, des réservoirs en acier, plus petits. On a revu aussi la position du châssis par rapport aux amortisseurs. L’électronique a été placée sous haute surveillance après quelques défaillances. « Cape to Cape est un formidable banc d’essai qui nous permettra de valider que le Sherpa peut être industrialisé et proposé, par exemple, aux pompiers », explique Pierre-Alain Brendel, project manager de l’expédition

equipe cape to cape

...Et des hommes Depuis Istanbul, ils sont douze hommes et femme à conduire les véhicules. La moitié est arrivée directement de Lyon, les autres font la route depuis Kiev.
Chez Renault Trucks, ils travaillent aux essais, sur les sites de production, dans une concession...
Pas un n’est chauffeur de métier. Ils se sont portés volontaires, ont fait l’objet d’une sélection doublée d’un tirage au sort et savourent leur chance d’être là. Pour tous, c’est un peu comme « un rêve d’enfant » qui se réalise.
En tout cas, ils ont tous vécu « à fond » ce qu’ils considèrent comme un moment d’exception, une parenthèse inouïe,au vu des paysages « fabuleux », des liens créés...

Dans le Wadi Rum, dix salariés de Renault Trucks les ont rejoints pour le week-end pascal. Eux, ils avaient participé à un jeu concours. « 1800 personnes avaient joué en se fondant sur l’Intranet pour répondre aux six questions posées » détaille Laurence Beauregard, responsable de la communication interne.
Des gagnants venus de France mais aussi de Hongrie, d’Italie, du Maroc et de Grande-Bretagne.






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