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Des solutions éco-énergétiques ingénieuses au sein de l’atelier de peinture


Après avoir diminué la consommation de carburant de ses véhicules au cours des dernières décennies, Volvo Trucks s’attèle aujourd’hui à la réduction de l’impact environnemental de ses installations. Grâce à la diminution de sa consommation d’énergie et de peinture et à la réduction de ses émissions de solvants, son atelier de peinture situé dans le nord de la Suède fait figure de référence mondiale en matière de développement durable. Un atout qui ne l’empêche pas de proposer une palette de plus de 850 teintes.


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Environ 20 litres de peinture sont nécessaires pour peindre une cabine de camion. Chaque cabine doit ensuite être placée dans un four à des fins de durcissement de la peinture. Des dizaines de milliers de véhicules étant soumis chaque année à ce processus auquel s’ajoutent diverses opérations de chauffage et de refroidissement, il va sans dire qu’un atelier de peinture peut avoir un impact environnemental énorme en termes de matériaux et d’énergie.

Mais grâce à la chaleur produite à partir de ses déchets, à son système de refroidissement naturel et à sa consommation de peinture presque divisée par deux, l’atelier de peinture de Volvo Trucks situé à Umeå, dans le nord de la Suède, est devenu un formidable exemple de réduction intelligente de l’impact environnemental d’une installation industrielle de grande envergure.

Des rejets en baisse, des investissements en hausse

Depuis de nombreuses années déjà, le personnel de l’atelier de peinture de Volvo Trucks accorde une attention particulière à la réduction des émissions de solvants et à l’amélioration du rendement énergétique.

Chaque étape du processus de mise en peinture a été pensée et analysée jusque dans le moindre détail. Chaque employé a été invité à faire part de ses suggestions et idées, tandis que des investissements majeurs ont été réalisés. Les résultats sont pour le moins impressionnants.

Entre 1999 et 2008, la consommation énergétique a ainsi été réduite de 30 %. Cette réussite est d’autant plus remarquable au vu de la forte augmentation du nombre de mises en peinture effectuées au cours de la même période, les composants plastiques précédemment traités en Belgique étant désormais peints dans l’atelier d’Umeå.

« Lorsque ces composants et le reste de la cabine ne sont pas mis en peinture au même endroit, il est extrêmement difficile d’assurer l’homogénéité de leur teinte. C’est cette raison qui a motivé le transfert des composants en plastique à Umeå », explique Hans Venngren, responsable mondial des process chez Volvo Trucks chargé des traitements de surface.

Des économies d’énergie ont également été réalisées grâce au recyclage de l’air dans les cabines de pulvérisation et l’usine. L’air de l’usine est utilisé comme flux entrant dans le processus de peinture, tandis qu’environ 75 % de l’air des cabines de pulvérisation est réutilisé. Au final, la quantité d’air nécessaire venant de l’extérieur a été considérablement réduite.

Du carburant issu des déchets

Une meilleure planification de l’exploitation, par exemple par la mise hors tension des machines lors d’un arrêt temporaire de la production, a également contribué à réduire la consommation d’énergie, de même que l’installation de moteurs électriques à haute efficacité énergétique.

« Lorsque nous avons mis en place la mise en peinture combinée des pièces plastiques et de la cabine, nous avons pu réduire de plus de 50 degrés la température dans les fours de durcissement, et donc logiquement la consommation d’énergie, explique Venngren. De par cette baisse des températures nécessaires, nous avons également pu nous affranchir du GPL (gaz de pétrole liquéfié) pour le chauffage des fours et le remplacer par du chauffage urbain. »

Le chauffage urbain - alimenté en partie par le recyclage de déchets domestiques en énergie dans une centrale électrique voisine - a également remplacé le pétrole dans le processus de chauffage, et le GPL restant dans le système de post-brûlage est désormais remplacé par du diméthyléther (DME), un carburant écologique produit à partir de la biomasse.

Une idée fraîche !

Les économies d’énergie les plus importantes résultent cependant du système de refroidissement de l’usine.

L’usine de Volvo se situe à côté de la rivière Umeälven sous laquelle coule une rivière souterraine gelée, été comme hiver. L’usine pompe l’eau gelée de cette rivière par le biais d’une tuyauterie longue de deux kilomètres.

« Nous utilisons ensuite cette eau dans nos différents systèmes de refroidissement, explique Venngren. Cela nous a permis de supprimer différentes installations frigorifiques au sein de l’usine, lesquelles utilisaient des CFC* comme frigorigène. »

L’atelier de peinture a été modernisé et la production a été rationnalisée à différents postes, ce qui au final a permis de réduire considérablement l’utilisation de peinture et de solvants et par là-même les rejets polluants dans l’atmosphère.

« En 1988, ces émissions étaient d’environ 70 grammes par mètre carré de surface de cabine peinte. Aujourd’hui, ces émissions sont passées en dessous des 10 grammes par mètre carré, un chiffre bien inférieur à la limite de 55 grammes par mètre carré fixée par l’Union européenne. Même s’il nous reste du chemin à parcourir, nous sommes déjà amplement satisfaits du travail réalisé », conclut Venngren.

Belle jusqu’au bout des ongles

Pour optimiser l’efficacité et l’éco-responsabilité du processus, les composants plastiques et les tôles d’acier sont peintes simultanément.

Si l’atelier de peinture d’Umeå attire l’attention par ses performances environnementales, il se distingue également par sa vaste palette de coloris disponibles.

« Nous sommes capables de répondre à la quasi-totalité des demandes des clients, » affirme Denny Westerlund du département communication de l’usine Volvo Trucks d’Umeå. A titre d’anecdote, il nous raconte l’histoire d’un de ses clients venu visiter l’usine pour commander son nouveau véhicule en compagnie de sa femme. Lorsqu’on lui demanda la couleur qu’il souhaitait pour la cabine de son véhicule, il haussa les épaules et se tourna vers sa femme. Conductrice de camion elle-même, elle hésita un moment avant de montrer fièrement ses ongles et de déclarer : « Je veux cette couleur. »

« Aussitôt dit, aussitôt fait, ironise Westerlund. Nous avons prélevé un échantillon de son vernis à ongles puis commencé à effectuer des essais pour reproduire la teinte. Au final, la cliente a obtenu une cabine assortie à son vernis. Cela vous donne une idée de ce que nous sommes capables de faire. »






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