
Cette année, le 115ème congrès national des sapeurs-pompiers s’est tenu à Rennes. Ce 2ème plus grand congrès professionnel de France a rassemblé 450 exposants sur plus de 25 000 m2.
Le congrès national des sapeurs-pompiers de France fut l’événement à ne pas manquer pour mettre en commun le savoir-faire et l’expérience de ces hommes de l’urgence.
Le point sur la nouvelle organisation du secours à personnes
Durant 3 jours, quelque 3000 acteurs du secours étaient rassemblés à Rennes : sapeurs-pompiers bien sûr, mais aussi Présidents et élus des Conseils généraux, représentants de l’Etat, des urgentistes hospitaliers, des fabricants de matériels, des autres pays européens…
Ensemble, ils ont débattu des enjeux qui touchent à la sécurité des Français aujourd’hui et ont posé les jalons de leur sécurité de demain.
Des mesures pour le volontariat
Avec 7900 centres, le maillage territorial unique des sapeurs-pompiers permet de distribuer des secours en moins de 20 minutes sur 93% du territoire.
En cas de feu comme d’accident, d’intoxication, de pollution…
Cette rapidité repose sur une spécificité : l’engagement citoyen.
C’est en effet grâce à la présence massive en leurs rangs de volontaires que les sapeurs-pompiers peuvent offrir à la population des secours efficaces, 24h/24 et 7j/7, au quotidien comme en cas de crise nationale majeure.
Ancré dans notre histoire, notre culture républicaine, le volontariat n’est pas indéfectible pour autant.
Au contraire, la récente contraction des effectifs de sapeurs-pompiers volontaires constitue le signe d’une vulnérabilité, alors que le rythme des interventions continue de s’accroître.
C’est dans ce contexte que la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France demande des mesures concrètes visant à :
faciliter l’exercice du volontariat, en offrant aux volontaires un cadre juridique et une protection sociale mieux adaptés et en encourageant leurs employeurs à les rendre disponible sur leur temps de travail ;
fidéliser les volontaires, notamment par une revalorisation des indemnisations perçues en contrepartie de leurs activités opérationnelles et de formation (ce qui n’a pas été effectué depuis 1996) ;
s’adapter au monde de demain en engageant une réflexion collective sur le volontariat du futur.
Un cadre rénové pour le secours à personnes
Il y un an, lors de leur précédent congrès, les sapeurs-pompiers décidaient de prendre à bras le corps le problème de l’organisation du secours à personnes, de plus en plus inadaptée aux besoins de la population, en remettant au Président de la République un manifeste rassemblant leur constat et leurs propositions sur ce sujet.
Présenté par les ministres de l’Intérieur et de la Santé le 25 juin 2008, le Référentiel commun sur l’organisation du secours à personnes et de l’aide médicale urgente tourne une nouvelle page des urgences et des relations blancs/rouges en définissant de nouvelles règles de fonctionnement entre les services publics de secours et d’urgence tout au long du parcours de la personne en détresse.
Quatre décisions essentielles pour améliorer la qualité des secours
1. Un modèle de réponse unique aux appels de détresse que l’on appelle au centre 15 des urgentistes hospitaliers ou au 18 des sapeurs-pompiers, qui seront interconnectés dans tous les départements, assurant ainsi une meilleure réactivité.
2. Une victime remise au cœur du dispositif notamment par :
l’envoi de secours immédiats par les sapeurs-pompiers même en cas de doute sur l’urgence réelle de la situation, afin de donner toutes les chances à la victime.
l’allègement de certaines procédures (par exemple certaines transmissions de bilans par les équipes du terrain vers la régulation médicale).
3. L’adaptation des moyens déclenchés selon la situation, c’est-à-dire d’abord l’envoi d’une équipe secouriste (sapeurs-pompiers), renforcée le cas échéant par des infirmiers sapeurs-pompiers habilités par protocoles à faire des gestes spécifiques (tels que poser une voie intraveineuse) et, enfin, par des médecins sapeurs-pompiers ou urgentistes mobilisés uniquement pour les interventions qui le nécessitent.
4. La reconnaissance du maillage territorial des sapeurs-pompiers, car ce sont les moyens les plus proches qui sont les plus rapides.
Le référentiel reconnaît aussi la nécessité d’entretenir, de conserver et de conforter ce maillage territorial, composé à 80% de sapeurs-pompiers volontaires, afin de pouvoir toujours garantir en tout point du territoire cette même qualité de service.
Ce référentiel a suscité beaucoup d’attente sur le terrain.
Conformément au voeu des membres du Comité chargé de sa rédaction, sa déclinaison sous forme d’un texte réglementaire doit intervenir avant la fin de l’année 2008, pour permettre sa mise en application rapidement, de manière concrète, sur le terrain.
Quelques Chiffres
3 966 900 interventions / an - soit 10 868 par jour, 1 toutes les 8 secondes dont 70% de secours à personnes (incluant accidents de circulation), 8% d’ incendies (qui restent les interventions les plus mobilisatrices en hommes et en temps), 6% de protection des biens, 3% d’aide à la personne et d’opérations diverses
21 293 300 appels reçus (74% pour le 18 et 26% pour le 112, numéro d’urgence européen) : 10% sont transférés (Samu, police ou gendarmerie) et 26% sont injustifiés
2 230 900 victimes sont prises en charge
1ère force mobilisable de sécurité civile
250 400 sapeurs-pompiers dont, 199 200 volontaires (84% des effectifs) et 38 700 professionnels (fonctionnaires des collectivités territoriales)
12 100 militaires (BSPP, BMPM, UIISC)
Soit en moyenne 385 sapeurs-pompiers pour 100 000 habitants
Un sapeur-pompier sur 9 est une femme
5% des sapeurs-pompiers sont membres du service de santé et de secours médical (SSSM) : 5 800 médecins, 4 500 infirmiers, 570 pharmaciens, 295 vétérinaires, formés à l’urgence et aux techniques d’interventions spécifiques des sapeurs-pompiers (accident de la route, milieu périlleux…).
Un maillage du territoire inégalé
7900 centres de secours
17 600 sapeurs-pompiers sont de garde chaque jour
93% du territoire est couvert par des véhicules de secours à victimes (VSAV) à moins de 20mn
Pour un coût optimisé
74 € / an / habitant en 2007